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Éducation : L’Unnoh demande au Menfp de revenir sur sa décision d’éliminer les classes de 7e, 8e et 9e année fondamentales en Haïti

Par Marie Farah Fortuné

P-au-P, 08 août 2022 [AlterPresse] --- L’Union nationale des normaliens/nes d’Haïti (Unnoh) appelle le titulaire de facto du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), Nesmy Manigat, à faire retrait sur sa décision d’éliminer, à partir de l’année académique 2022-2023, les classes de 7e, 8e et 9e année fondamentales, au niveau des lycées de la république d’Haïti, dans une lettre ouverte dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La mise en application de cette démarche du Menfp exige une certaine préparation, estime l’Unnoh.

« Dans cette perspective, il s’agit, tout d’abord, de mettre en place les écoles fondamentales complètes, appelées à accueillir ces élèves, qui ne seront plus désormais reçus dans les lycées ».

« Certains lycées comportent plus de 10 à 12 classes de septième année fondamentale. Il est quasiment impossible de les transférer intégralement vers nos écoles nationales actuelles, lesquelles, dans la majorité des cas, ne disposent pas de locaux adéquats, capables de recevoir le même effectif d’élèves, accueilli habituellement par les lycées », poursuit la lettre de l’Unnoh.

« Si, comme annoncé par le Menfp, les classes de septième année fondamentale sont fermées dès cette rentrée scolaire, au niveau des lycées, alors qu’il n’existe pas encore d’infrastructures d’écoles fondamentales complètes, à même de recevoir l’effectif d’élèves concernés, il y aura une masse d’élèves abandonnés, du jour au lendemain, sur la route de l’éducation, sans espoir de trouver ailleurs la possibilité de poursuivre leur scolarité », prévient l’Unnoh.

Dans une note en date du vendredi 3 juin 2022, le Menfp avait annoncé l’interdiction d’inscriptions d’élèves, dans les lycées de la république, pour les classes de 7e année fondamentale, à compter de l’année académique 2022-2023.

« Les classes de 8e et de 9e année fondamentale poursuivront, au cours de l’année académique 2022-2023, avec leurs cohortes d’élèves en cours de formation, provenant de la 7e année fondamentale, sans ajouter de nouveaux effectifs externes ».

Cette décision rentre, notamment, dans le souci d’avoir une gestion distincte des écoles fondamentales et du secondaire de la république, et de finaliser le processus de gestion des cohortes d’élèves des écoles fondamentales publiques et des lycées, tel que prévu dans le cadre de la réforme Bernard 1982.

Par ailleurs, l’Unnoh en a profité pour solliciter la révision de la stratégie de réalisation du projet d’élaboration du manuel scolaire unique en Créole.

Elle réclame la résolution, au profit des enseignants/tes et autres, avant la prochaine rentrée des classes, d’un certain nombre de problèmes « qui ont déjà trop duré ».

L’Union nationale des normaliens/nes d’Haïti attire surtout l’attention du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle sur les problèmes, liés à la nomination des enseignantes et enseignants, au paiement de tous leurs arriérés de traitements et à la remise en retard de leurs chèques, qui peuvent entraver, selon elle, la rentrée académique scolaire 2022-2023. [mff emb rc apr 08/08/2022 13:50]