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Économie : La Banque centrale signale une hausse continuelle de l’inflation, en 2022, en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 04 août 2022 [AlterPresse] --- De 25.9 % en mars 2022, l’inflation annuelle en Haïti s’est établie, en mai 2022, à 27. 8 %, indique la Banque de la république d’Haïti (Brh) ou Banque centrale, dans une note sur la politique monétaire couvrant la période allant du mois d’avril à juin 2022 et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le taux d’inflation en rythme mensuel est passé de 1.6 % en mars 2022 à 1.9 % en mai 2022, sur le territoire national, ajoute la Brh.

De 24.6% en décembre 2021, il s’est élevé à 25.2% en février 2022.

La Banque centrale a souligné combien « la faiblesse de la production alimentaire nationale, jumelée au renchérissement des prix des produits importés, a amplifié les pressions inflationnistes dans le pays », au cours du trimestre d’avril à juin 2022.

Elle déplore aussi les impacts de la détérioration du climat sécuritaire sur les conditions macroéconomiques.

Depuis plusieurs mois, les actes de banditisme se sont accrus, affectant rudement les activités économiques en Haïti, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

De plus en plus rançonnées par les gangs armés, qui agissent en mafias, beaucoup d’entreprises ont dû cesser de fonctionner. Ce qui a provoqué une quantité importante de pertes d’emplois de valeur inestimée, selon plusieurs témoignages parvenus à AlterPresse.

Sans être nullement inquiétés, les gangs armés rançonnent partout, comme dans les marchés publics de distribution de produits alimentaires ainsi que les stations de transports publics.

Le climat de terreur dans le quartier de Martissant (dans la périphérie sud de la capitale) bloque les activités commerciales dans le grand Sud d’Haïti.

« Au niveau national, la flambée des prix des produits de base sur le marché international a résulté, notamment, en l’augmentation de la facture des importations de biens, notamment les produits pétroliers. Parallèlement, l’offre locale a subi, une fois de plus, les effets négatifs de la performance mitigée de la campagne agricole de printemps et de la dégradation continue du climat des affaires », lit-on dans la note de la Brh.

La situation a également entraîné une accélération du rythme de progression des prix, tout en alimentant « les anticipations négatives des agents économiques, lesquelles ont, entre autres, conduit à alimenter les tensions sur le marché des changes » (Ndlr : il faut aujourd’hui, en août 2022, plus de 140.00 gourdes pour un dollar américain)

La Brh anticipe une intensification du renchérissement des produits pétroliers et alimentaires de base, due au prolongement de la guerre en Ukraine.

Une persistance des ruptures des chaînes d’approvisionnement, au niveau mondial, est aussi annoncée.

« De même, l’inflation élevée et les risques de récession ou de ralentissement économique, qui pèsent notamment sur les États-Unis, le Canada et la Zone Euro, pourraient affecter le revenu disponible des migrantes et migrants haïtiens et, conséquemment, les transferts privés sans contrepartie, principale composante de l’offre de devises sur le marché des changes ».

Le climat des affaires qui se dégrade, en raison de la situation sécuritaire « continuera d’affecter négativement les activités économiques et la formation des prix, à travers le blocage de certains circuits de production et de commercialisation », souligne la Banque centrale en Haïti.

Les risques de dégâts potentiels pourraient aussi survenir au niveau du secteur agricole, au cours de la saison cyclonique, qui s’étend du mercredi 1er juin au mercredi 30 novembre 2022, dans la région (Caraïbes, Amérique centrale et une partie de l’Amérique du Nord). [emb rc apr 04/08/2022 20:45]