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Haiti - Sécurité : Latortue revoit ses options après l’assassinat d’un journaliste

P-au-P., 15 juil. 05 [AlterPresse] --- Le premier ministre haitien Gérard Latortue a menacé le 14 juillet de revoir les alliances de son gouvernement pour faire face a la situation d’insécurité persistante en Haiti.

« Nous allons chercher nos alliés là où nous pouvons les trouver pour combattre ceux qui
sont décidés à nous combattre », a déclaré Gérard Latortue dans un discours prononcé à la célébration de la fête de l’indépendance de la France. Le même jour, le corps meurtri du journaliste haitien Jacques Roche a été retrouvé dans une rue de la capitale, après son enlèvement le 10 juillet.

Latortue a regretté de n’avoir pas eu la possibilité de mettre à contribution les anciens militaires dans la lutte contre l’insécurité, soulignant qu’il ne répétera plus cette erreur.

Au lendemain de son arrivée au pouvoir en mars 2004, Latortue avait qualifié les anciens militaires et para militaires, qui avaient combattu le régime lavalas, de “combattants de la liberté†. Ces propos avaient été critiqués par divers secteurs. Les organismes nationaux et internationaux de défense des droits humains ainsi que les secteurs sociaux ont toujours critiqué les pratiques repréhensibles des ex militaires et para militaires.

Le premier ministre haitien a qualifié le 14 juillet de jour de la honte et a magnifié la mémoire de Roche qu’il a présenté comme un lutteur et un démocrate qui croyait en l’avenir de son pays.

Ce crime est imputable à « ceux qui ont pillé les caisses de l’Etat pendant des décennies, qui ont écrasé le peuple haïtien pendant des années et qui continuent encore à avilir le peuple haïtien de l’étranger », a affirmé Latortue.

« Le moment est venu pour Haïti de rompre définitivement avec le règne du
despotisme, de l’intolérance, de la violence et de l’impunité dont les
séquelles font peser de graves conséquences sur l’avenir du pays », a ajouté
le Premier ministre.

Pour sa part, l’ambassadeur de France en Haïti a exprimé la fierté de son
pays, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères Dominique De
Villepin, aujourd’hui Premier ministre, d’avoir contribué à la chute de “la dictature†lavalas en février 2004.

Tout en s’inquiétant du développement du terrorisme en Haïti, le diplomate
français a salué les récents efforts de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH). Il faut non seulement des actions ponctuelles, mais aussi des actions pour un contrôle effectif des zones dangereuses, a déclaré Thierry Burkard.

L’ambassadeur français a émis le vœu que la résolution 1608 du Conseil de
sécurité qui a étendu la mission de la force ONUsienne en Haïti pourra aider
à créer un climat propice aux élections à la fin de l’année 2005. [vs gp apr 15/07/2005 17:00]