Español English French Kwéyol

Politique : La mise en place d’une nouvelle Constitution, une démarche visant à saboter la démocratie en Haïti, selon le Conseil national de transition

Par Marie Farah Fortuné

P-au-P, 30 mars 2022 [AlterPresse] --- La mise en place d’une nouvelle Constitution, prônée par le premier ministre de facto, Ariel Henry, constitue une démarche de l’équipe tèt kale, afin de saboter la démocratie dans le pays, déclare James Beltis, président du Conseil national de transition (Cnt), dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

« Ce sont ceux qui sabotent la Constitution, qui veulent la changer », dénonce-t-il, à l’ occasion du 35e anniversaire, le mardi 29 mars 2022, de la Constitution du 29 mars 1987.

Les membres de l’accord du 30 août 2021, plus connu sous le nom d’accord de Montana, restent attachés à l’esprit de la Constitution de 1987, même si des adaptations s’imposent, reconnaît le Conseil national de transition.

Ces adaptations devraient prendre en compte de nouvelles problématiques, en rapport à la vie de la nation. Cela devrait se faire par la nation, non pas sous les ordres venant de pays étrangers, ni de groupes d’intérêts et des forces antinationales, met en garde le Cnt.

Le Conseil national de transition invite tous les secteurs de la société à s’unir pour la refondation nationale.

Dans une note, le Cnt lance un appel pour un réveil collectif qui impliquerait, notamment, la mise en place d’une transition de rupture, en vue de reprendre le processus démocratique là où il a été bloqué.

« Le moment est à de bonnes réflexions pour déterminer ce qui bloque la démocratie haïtienne », préconise le Cnt, soulignant combien la misère, la désolation, l’égoïsme et la méchanceté « ont saccagé le fondement de ce qui nous caractérise en tant qu’êtres humains ».

Les coups bas, la trahison et la perte de confiance entravent tout lien social, ajoute le Conseil national de transition.

Réaffirmant son rejet de la Constitution du 29 mars 1987, Ariel Henry estime « nécessaire, voire urgent, de doter le pays d’une nouvelle Constitution plus adaptée à la réalité haïtienne », à l’occasion du 35e anniversaire de la Constitution de 1987.

« Dans une perspective inclusive et participative, ce nouveau texte devrait tenir compte des aspirations de développement et de bonne gouvernance, en Haïti, dans un contexte d’État de droit », selon Ariel Henry, qui s’est installé, sans titre ni qualité, le 20 juillet 2021, comme chef du gouvernement de facto, à la suite d’un tweet de la communauté internationale.

Les activités ont été partiellement perturbées, le mardi 29 mars 2022, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, au début d’une manifestation pacifique contre les actes de criminalité, dont le kidnapping en Haïti, à l’occasion du 35e anniversaire de la Constitution de 1987.

Plusieurs milliers de manifestants ont aussi gagné les rues, dans la ville des Cayes (Sud), où ils ont envahi l’aéroport Antoine Simon et incendié un petit avion sur la piste, ainsi qu’aux Gonaïves (Artibonite, Nord) et à Jacmel (Sud-Est),où ils ont continué d’exiger la démission d’Ariel Henry.

Au moins une personne a été tuée par balle et plusieurs autres ont été blessées aux Cayes, le mardi 29 mars 2022. [mff emb rc 30/03/2022 13:50]