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Haïti-Crise : Le consensus politique Montana/Pen, « un énorme progrès », selon le député démocrate étasunien Andy Levin

P-au-P, 19 janv. 2022 [AlterPresse] --- Le député démocrate étasunien Andrew Saul Levin, dit Andy Levin, salue le consensus politique, trouvé entre les signataires de l’accord du 30 août 2021 appelé accord de Montana et ceux du Protocole d’entente nationale (Pen), dans une prise de position dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« C’est un progrès énorme », se réjouit Levin, également membre de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentantes et représentants des États-Unis d’Amérique.

Le mardi 11 janvier 2022, « l’accord de Montana, qui a été signé par d’énormes pans de la société civile, a été rejoint par le Protocole d’entente nationale (Pen), le plus important et le dernier groupe restant de sénateurs élus en Haïti, qui sont représentatifs de nombreux partis politiques », rappelle-t-il.

Ce consensus politique n’a toutefois pas obtenu l’aval de toutes les organisations syndicales, signataires de l’accord de Montana.

Le Bureau de suivi de l’accord du 30 août 2021 (Bsa) n’est nullement habilité à amender l’accord voire en proposer un autre, estiment, dans une note de protestation, la Confédération des travailleurs et travailleuses des secteurs public et privé (Ctsp) et la Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha).

L’accord initial du 30 août 2021 prévoit un pouvoir exécutif bicéphale, avec un président et un premier ministre, mais non un collège présidentiel de cinq (5) membres. La nouvelle proposition du Bsa ne pourrait, en aucun cas, être salutaire pour le pays, car Haïti a déjà fait plusieurs expériences collégiales en matière de gouvernance, dont toutes ont piteusement échoué, avancent-elles.

Ce nouveau consensus politique « modifie et fait progresser l’architecture soigneusement élaborée d’un gouvernement de transition, par exemple en mettant en place une autorité présidentielle de cinq membres », persiste et signe Andrew Saul Levin.

Le député démocrate étasunien Andrew Saul Levin exhorte la Commission pour une solution haïtienne à la crise à s’assurer maintenant que les participantes et participants à ce nouveau processus politique travaillent, avec diligence, pour une gouvernance démocratique en Haïti.

Le Conseil national de transition (Cnt) semble vouloir mettre, ce mois-ci (janvier 2022), les bouchées doubles pour parvenir à la mise en place d’une équipe de transition de rupture en Haïti.

Les dossiers de candidature de 7 personnalités, dont 2 pour le poste de président provisoire et 5 pour celui de premier ministre, ont été reçus par le Cnt, en perspective de la transition à partir du 7 février 2022.

La Commission pour une solution haïtienne à la crise doit s’assurer que les participantes et participants continueront à donner la priorité aux mesures de responsabilisation et de lutte contre la corruption, suggère le député démocrate américain.

Il appelle les États-Unis d’Amérique à « considérer ce type de négociation, étape par étape, et de recherche de consensus toujours croissante comme un modèle de formation de la démocratie, à reconnaître et soutenir cet effort ».

« Il est temps d’arrêter d’exiger que ces groupes reconnaissent et négocient avec le gouvernement de facto, qui a été impliqué dans la corruption, les violations des droits humains et peut-être même dans l’assassinat de l’ancien président Moïse », souhaite le fondateur et coprésident du House Haiti Caucus.

L’ancien président de facto Jovenel Moïse, qui a gardé le pouvoir, en dépit des contestations, au-delà de la date d’échéance du 7 février 2021, a été assassiné, le mercredi 7 juillet 2021.

La crise politique s’est exacerbée, au lendemain de ce meurtre.

La Police nationale d’Haïti (Pnh) a procédé à l’arrestation de plus de 40 personnes, dont une quinzaine de Colombiens et des Américains d’origine haïtienne, dans le cadre de ce dossier d’assassinat. [emb rc apr 19/01/2022 10:40]