Haïti-Assassinat de Jovenel Moïse : Des personnalités et partis politiques demandent à Ariel Henry de se mettre à la disposition de la justice

P-au-P, 11 janv. 2022 [AlterPresse] --- De plus en plus de personnalités et de partis politiques souhaitent que le premier ministre de facto, Ariel Henry, se mette à disposition, pour répondre aux questions de la justice, dans le cadre du dossier d’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto Jovenel Moïse, après de récentes révélations faites à son sujet, selon les informations rassemblees par l’agence en ligne AlterPresse.

Le premier ministre de facto, Ariel Henry, doit se mettre à disposition, pour la justice, afin de faciliter la poursuite de l’enquête sur cet assassinat, souhaite, dans un tweet, l’ancien titulaire de facto du Ministère des affaires étrangères et des cultes (Maec), Claude Joseph.

« L’implication du Dr. Ariel Henry se précise, de plus en plus. Le pays veut des explications », affirme Claude Joseph.

Pour sa part, le parti politique Inite demande la démission d’Ariel Henry, qu’il considère comme un présumé suspect dans l’assassinat de Jovenel Moïse, dans une note.

Le parti politique Inite appelle la justice haïtienne à le juger ainsi que les autres auteurs et complices, pour que lumière soit faite sur ce meurtre.

« Ceux, qui défendaient encore Ariel Henry ou croyaient qu’on pouvait collaborer avec lui, doivent se rendre à l’évidence : le PM putschiste est l’un des présumés assassins de Jovenel Moïse, au même titre que Badio et consorts ! », a lâché, dans un tweet, Rénald Lubérice, un ancien responsable du secrétariat du Conseil des ministres.

Me. Newton Saint-Juste, avocat de Jovenel Moïse dans un dossier contre une entreprise privee, a appelé à exploiter toutes les pistes, pouvant conduire aux auteurs intellectuels de l’assassinat de Jovenel Moïse, en conférence de presse, le lundi 10 janvier 2022.

Ariel Henry avait des liens étroits avec Joseph Félix Badio, l’un des suspects clés dans l’assassinat de Jovenel Moïse, selon le journal The New York Times, citant les déclarations de Rodolphe Jaar, bien longtemps avant son arrestation, le 7 janvier 2022, en République Dominicaine, dans le cadre de ce dossier.

Ils sont restés en contact étroit, même après l’assassinat, a fait savoir Rodolphe Jaar.

Ariel Henry aurait répondu qu’« il passerait quelques appels », pour aider Joseph Félix Badio à s’échapper, après que des policiers sont arrivés à piéger les mercenaires colombiens.

« Nous appuyons une enquête approfondie et transparente, pour assurer les poursuites, dans le cadre de ce crime odieux, et nous exhortons toutes les parties à suivre la procédure établie, conformément à l’état de droit », a indiqué un porte-parole de l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Haïti, a rapporté, le lundi 10 janvier 2022, le journal « Le Nouvelliste ».

Ariel Henry avait declaré n’avoir aucun « souvenir » de l’appel téléphonique « ou s’il a eu lieu ».

Il avait qualifié d’« insinuations graves et sans fondement » ces allégations, proférées à son encontre, dans le cadre de ce dossier d’assassinat.

L’ancien commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Bed-Ford Claude, avait appelé Ariel Henry à venir témoigner sur l’affaire.

Par la suite, Bedford Claude a été démis de ses fonctions.

Considéré comme l’un des bras financiers de l’assassinat de Jovenel Moïse, Rodolphe Jaar a été appréhendé, le vendredi 7 janvier 2022, en République Dominicaine.

L’homme d’affaires, qui aurait laissé Haïti début janvier 2022, aurait été arrêté à la demande des autorités américaines sur la base de déclarations, volontairement fournies par Mario Antonio Palacios Palacios, détenu à Miami depuis le mardi 4 janvier 2022, selon le journal américain Miami Herald.

Réagissant aux accusations du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Léon Charles a démenti avoir eu des contacts avec Joseph Félix Badio, un autre suspect dans l’assassinat de Jovenel Moïse, ont rapporté des médias.

L’ancien chef ad intérim de la police a aussi déclaré n’avoir jamais entravé l’enquête, menée par la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj).

Le Rnddh a révélé que l’ancien directeur de la police nationale, Léon Charles, était lui-même en contact avec Joseph Félix Badio, dans un rapport rendu public, 6 mois depuis l’assassinat du 7 juillet 2021.

L’organisme de défense des droits humains l’a accusé de bloquer l’enquête en cours. [mj emb rc apr 11/01/2022 13:35]