Criminalité : La Pohdh dénonce un banditisme d’État en Haïti

P-au-P, 28 déc. 2021 [AlterPresse] --- « Aujourd’hui, nous faisons face à un banditisme d’État, qui affaiblit et rend inefficace les institutions devant combattre la criminalité dans le pays », affirme le secrétaire exécutif de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh), Alermy Pierrevilus, dans une interview accordée à AlterRadio/AlterPresse.

Les citoyennes et citoyens en Haïti ont connu, durant l’année 2021, une criminalité de plus en plus grandissante et impunie, ainsi qu’une réduction de leur liberté publique, relève la Pohdh.

Dernièrement, des membres d’une patrouille policière, qui ont fait front à des bandits armés, ont vu confisquer leurs armes et badges par des responsables hiérarchiques. Ce qui a provoqué de l’indignation, du désappointement et du mécontentement chez les policiers concernés, selon des témoignages parvenus à AlterPresse.

La Pohdh mentionne l’assassinat, le 7 juillet 2021, de l’ex-président de facto Jovenel Moïse, le massacre, dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 juin 2021, à Delmas 32 et Christ-Roi, où le journaliste Diego Charles et la militante féministe Antoinette (Netty) Duclaire ont été tués par balles.

« Pour l’année 2021, l’État s’est montré insouciant, incapable de sécuriser le territoire, de protéger la population et d’assurer son bien-être ».

L’Exécutif a aussi manifesté une velléité dictatoriale, pour maintenir au pouvoir le régime du Parti haïtien tèt kale (Phtk) envers et contre toutes et tous, fustige la Pohdh.

L’ex-président de facto Jovenel Moïse, assassiné le 7 juillet 2021, a, non seulement gardé le pouvoir au-delà du 7 février 2021 (date constitutionnelle de la fin de son mandat), mais encore il a voulu organiser un référendum inconstitutionnel et illégal pour changer la Constitution de 1987, dans le but d’imposer ses propres lois, critique-t-elle.

La Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains appelle à la mobilisation, pour exiger justice en faveur de nombreuses victimes et pour demander de garantir le respect des droits des citoyennes et citoyens.

« En janvier 2022, les actrices et acteurs politiques ainsi que de la société civile doivent trouver une entente claire autour de l‘accord de Montana (du 30 août 2021), pour choisir une équipe devant assurer la gouvernance du pays ».

Sur le plan économique, le regroupement d’organismes de défense des droits humains souligne combien la situation socio-économique de la population s’est dégradée.

Le tremblement de terre du samedi 14 août 2021 dans le grand Sud d’Haïti (Sud, Grande Anse et Nippes / Sud-Ouest d’Haïti) et la crise du carburant n’ont fait qu’aggraver l’insécurité alimentaire sur tout le territoire national, signale la Pohdh.

De septembre 2021 à février 2022, 754 mille personnes seraient en situation d’insécurité alimentaire aiguë, dans les départements du grand Sud d’Haïti, touchés dans le séisme du samedi 14 août 2021, selon les prévisions de la Banque mondiale.

De plus, on assiste, depuis quelques temps, à une flambée des prix des produits de première nécessité, à cause des crises successives.

Le taux d’inflation a atteint la barre de 19.7 % en octobre 2021, contre 13.1 % en septembre 2021.

L’indice des prix à la consommation est passé de 180.4, en septembre 2021, à 188.7, en octobre 2021, soit une hausse mensuelle de 4.6 %, selon un bulletin mensuel de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (Ihsi), publié le mercredi 1er décembre 2021. [mff emb rc apr 28/12/2021 12:00]