Politique : Le nouveau titulaire de facto du Ministère de la justice dénonce une insécurité judiciaire en Haïti

P-au-P, 02 déc. 2021 [AlterPresse] --- L’insécurité judiciaire demeure, en partie, responsable de la situation de terreur, qui règne actuellement sur le territoire national, relève le ouveau ntitulaire de facto du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Berto Dorcé, lors d’un point de presse, le mercredi 1er décembre 2021, auquel a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Berto Dorcé s’est exprimé ainsi, en marge d’une rencontre avec les commissaires du gouvernement des 18 juridictions des tribunaux civils du pays.

Il s’élève contre l’émission non justifiée de mandats d’amener par des commissaires de gouvernement, sur la demande d’avocats paresseux.

Les commissaires du gouvernement doivent suspendre l’émission de mandats d’amener futiles, exige-t-il.

« L’octroi des mandats d’amener pour escroquerie ou abus de confiance, par des commissaires du gouvernement, sur demande d’avocats paresseux, relève également de l’insécurité judiciaire. Il faut que cela cesse ! », souhaite le Ministère de la justice.

Des mandats d’amener ont été illégalement émis contre des membres du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPnh-17), à des fins de persécutions politiques, sous l’administration de l’ex-chef de la police, Léon Charles, ont dénoncé différents organismes haïtiens de défense des droits humains.

Sur le problème foncier, des commissaires du gouvernement accordent des autorisations de titres de propriété, sans qu’ils soient enregistrés.

Des notaires accordent également plusieurs titres à une même propriété.

Berto Dorcé souhaite également une mise en œuvre effective de la lutte contre la détention préventive prolongée, qui devrait désormais faire partie du passé, espère-t-il.

Au mois de janvier 2021, le taux de la population carcérale s’est élevé à 316% dans les prisons en Haïti.

Depuis le début de cette année 2021, Haïti figure toujours parmi les 10 pays au monde les plus affectés par la détention préventive prolongée, ont indiqué les Nations unies.

Le taux de détention préventive dans les prisons haïtiennes est estimé à près de 80% de la population carcérale à la fin de l’année 2020, rappellent-elles.

Le Ministère de la justice en profite aussi pour mettre en garde les commissaires du gouvernement contre les libérations illégales.

« Nous allons faire en sorte que la question de la détention préventive prolongée soit conjuguée au passé antérieur…Rien ne vous oblige à garder en prison une personne arrêtée par la police.Mais, si vous la libérez dans de mauvaises conditions, vous allez voir ce qui vous sera réservé », menace-t-il.

Le Mjsp demande aux différents commissaires du gouvernement, près les tribunaux civils, d’œuvrer en faveur du bien-être de la communauté et d’appliquer ses instructions.

Des dispositions sont prises par le directeur général ad intérim de la police nationale, Frantz Elbé, pour rappeler plus de 450 policiers, en détachement auprès d’anciens hauts fonctionnaires de l’État, annonce Berto Dorcé.

Les hauts fonctionnaires, qui ne seront pas habilités à bénéficier du service de ces policiers, devront désormais recourir à des compagnies de sécurité, affirme-t-il. [mj emb rc apr 02/12/2021 10:30]