Haïti : Un groupe d’opposition suggère la fusion des accords politiques pour une issue à la crise et demande le départ d’Ariel Henry

P-au-P., 22 nov. 2021 [AlterPresse] --- L’organisation socio-politique Viv Ayiti exhorte les différents protagonistes à fusionner les accords politiques, afin d’aboutir à une solution à la crise actuelle, et demande la démission du premier de facto Ariel Henry.

Tout en plaidant en faveur de la mise en place d’un Exécutif bicéphale pour gérer le pays, Viv Ayiti encourage tous les acteurs politiques à trouver le plus vite possible une entente, en conférence de presse à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse, ce 21 novembre..

Le coordonnateur national de Viv Ayiti, Biron Odigé réclame le départ du premier ministre Ariel Henry et son gouvernement, qui, depuis plus de 120 jours à la tête du pays, n’a pris aucune décision pour redresser la situation.

L’insécurité, le chômage, la vie chère se poursuivent. Aucune action n’est posée pour la mise en place d’un Conseil électoral provisoire, déplore Rony Timothée, porte-parole de l’organisation socio-politique Viv Ayiti.

« Après 120 jours, Ariel Henry n’a donné aucun bilan, ni indiqué les raisons de sa présence et la fin de sa mission. Cela montre clairement que c’est un groupe de personnes qui se sont accaparées du pouvoir », fustige Timothée, déclarant ne pas reconnaître Ariel Henry comme premier ministre.

Le Bureau de suivi de l’accord du 30 août 2021 poursuit ses démarches pour la mise en place du Conseil national de transition (Cnt), en vue d’une transition de rupture avec le pouvoir en place.

25 personnalités ont été désignées, par des organisations de la société civile et politiques, pour faire partie du Conseil national de transition (Cnt), a-t-il fait savoir, lors d’une conférence de presse, le mardi 16 novembre 2021.

« Dans la mise en place du Cnt, nous avons reçu jusqu’à date 33 dossiers, dont 18 de la société civile et 15 des organisations politiques. 10 autres sont prévus d’être soumis, indique Ernst Mathurin, membre du Bureau de suivi.

Pour sa part, le Secteur démocratique et populaire (Sdp), une frange de l’ancienne opposition, continue d’exiger l’application de l’accord du 11 septembre pour une gouvernance apaisée et efficace, initié par le premier ministre de facto Ariel Henry.

Le Sdp qui soutient désormais Ariel Henry appelle à la mise en place d’un gouvernement de transition sans la présence des proches du Parti haïtien tèt kale (Phtk) au pouvoir.

A l’occasion de la cérémonie de commémoration du 218e anniversaire de la bataille de Vertières, Ariel Henry a appelé les Haïtiennes et Haïtiens à transcender les querelles, afin d’engager un dialogue pour d’aboutir à un consensus capable de sortir le pays de la crise actuelle.

Depuis quelques temps, la crise politique a exacerbé davantage le climat délétère d’insécurité dans le pays où des actes de criminalité et de kidnapping deviennent récurrents.

A l’initiative d’un groupe de citoyennes et de citoyens de la société civile, un Groupe de travail sur la sécurité (Gts) a été mis en place dans l’objectif de proposer des pistes de solutions pouvant aider à aborder, dans tous ses aspects, la problématique de l’insécurité.

Ce groupe est composé d’experts en sécurité, des droits humains, du secteur privé, du secteur syndical, du secteur religieux, du secteur académique, de la diaspora et d’associations de base de la société civile.

Sa mission principale est d’« Encourager la collaboration entre le citoyen et l’appareil sécuritaire d’Haïti en vue de résoudre le problème de l’insécurité dans le pays, à court, moyen et long terme. »

« Haïti fait face depuis quelques années à une crise de sécurité multidimensionnelle et multiforme qui prend, de nos jours, des proportions alarmantes et qui met en péril les fondements de la République », relève le Gts. [apr 22/11/2021 17:00]

Photo : FB/Rony Timothée