Élections : Des secteurs concernés expriment des réserves par rapport au mode de mise en place d’un nouveau Cep en Haïti

P-au-P, 13 oct. 2021 [AlterPresse] --- Des manœuvres seraient effectuées en vue d’orienter, de manière partisane, le processus de désignation des candidates et candidats, pour faire partie d’un nouveau Conseil électoral provisoire (Cep) en Haïti. Un processus, qui n’inspirerait pas suffisamment de confiance, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

Pendant que certains secteurs posent des conditions, d’autres rejettent catégoriquement la demande du premier ministre de facto, Ariel Henry, les invitant à proposer les noms de leurs représentantes et représentants pour l’organe électoral.

Ariel henry a sollicité la participation des droits humains, des femmes, des vodouisantes et vodouisants, de la presse, entre autres, dans la formation d’un nouveau Cep), devant remplacer l’organisme électoral de septembre 2020, qui était totalement acquis à l’ancien président de facto Jovenel Moïse.

Ces sollicitations surviennent dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord politique du 11 septembre 2021 d’Ariel Henry « pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire ».

« Au niveau de l’Association nationale des médias haïtiens (Anmh), nous nous sommes concertés et avons décidé de choisir nos représentantes/représentants, parce que nous croyons dans les élections et estimons qu’un Conseil électoral, monté avec des personnalités sérieuses, aura un poids dans la balance. Cependant, avant cela, nous exigeons le rétablissement de la sécurité dans le pays », explique à AlterRadio/AlterPresse, Jacques Sampeur, président de l’Anmh.

L’Anmh recommande ainsi à l’État d’envoyer des signaux clairs face à la criminalité grandissante, pour pouvoir aboutir dans sa démarche.

Pour sa part, l’organisme de défense des droits humains, le Sant Karl Lévêque (Skl) rejette la demande du premier ministre de facto l’invitant à entreprendre des démarches, pour la désignation d’une représentante ou d’un représentant des droits humains au nouveau Conseil électoral provisoire (Cep).

Dans une correspondance adressée à Ariel Henry, le Skl préconise, dans la conjoncture politique actuelle, de trouver un large consensus entre les actrices et acteurs, à travers un accord qui reflètera l’intérêt général du peuple haïtien dans sa plus grande diversité.

Le Skl suggère aussi au chef du gouvernement de facto d’adresser, avant toute chose, les problèmes de la criminalité et du kidnapping, qui rongent les familles haïtiennes.

« Il est vrai qu’il y a un problème de sécurité. Mais, ce n’est pas une raison pour que les élections ne s’organisent pas dans le pays. Le problème de l’insécurité peut être résolu en quelques jours, surtout dans le contexte où il n’y a pas de dirigeants légitimes », exprime, pour sa part, Kettly Julien, responsable du Regroupement d’organisations nationales de droits humains (Ronadh).

Critiquant d’autres organisations des droits humains, qui « chercheraient à monopoliser le secteur et fonctionner en clan », le Ronadh souligne n’avoir aucun problème, pour soumettre à Ariel Henry les 3 noms de ses représentantes / représentants au Cep.

De son côté, la Konfederasyon nasyonal vodouyizan ayisyen (Knva), qui avait une personne déléguée au Cep de Jovenel Moise, affirme être en consultation avec le Royaume du vaudou, pour pouvoir faire une proposition concertée, fait savoir la mambo Euvonie Georges Auguste, membre de la Knva.

« Nous avons retenu 5 dossiers, répondant à des critères indiqués, dont l’expérience et la connaissance dans le domaine électoral. Certaines personnes ont 20 ans d’expérience, d’autres 10 ou moins. Nous avons pris le soin d’analyser ces dossiers et retenu ceux qui sont les plus appropriés », explique-t-elle. [mj emb rc apr 13/10/2021 16:35]