Haïti/États-Unis : Daniel Foote souhaite une gestion plus humaine des réfugiés haïtiens

P-au-P, 07 oct. 2021 [AlterPresse] --- L’ancien envoyé spécial des États-Unis d’Amérique en Haïti, Daniel Foote, appelle à une gestion plus humaine, dans son pays, des réfugiés haïtiens, lors d’une intervention, ce jeudi 7 octobre 2021, devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants étasuniens, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous devons avoir de la capacité pour gérer ces problèmes migratoires, de façon plus humaine, au lieu d’envoyer tout le monde dans un pays, où les gens ne peuvent pas circuler », affirme Daniel Foote.

Les réfugiés, qui laissent Haïti, à cause des gangs armés, vont continuer à venir aux États-Unis, parce que la situation est mauvaise, prévient-il.

Ce briefing des membres de la commission avec l’ambassadeur Daniel Foote fait suite à sa démission, remise, avec effet immédiat, le 22 septembre 2021, au secrétaire d’État étasunien, Anthony Blinken.

Daniel Foote a déclaré avoir quitté son poste pour éviter d’être « associé à la décision inhumaine et contre-productive » des États-Unis d’expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d’immigrants illégaux vers Haïti, selon sa lettre de démission.

Après Daniel Foote, le conseiller principal au département d’État américain, Harold Koh, vient de remettre sa démission, pour protester contre l’utilisation de la loi sur la santé publique, connue sous le nom de « Titre 42 », visant à expulser les migrantes et migrants haïtiens à la frontière Sud des États-Unis d’Amérique.

Dans une note, cet autre haut fonctionnaire étasunien qualifie « d’illégale, d’inhumaine et d’indigne » l’utilisation actuelle de cette loi, de l’ère de l’ex-président américain Donald Trump, par l’administration du président Joseph Robinette (Joe) Biden contre les migrantes et migrants haïtiens.

La mise en œuvre actuelle de cette loi « continue de violer notre obligation légale de ne pas expulser, ni renvoyer (refouler) les personnes, qui craignent la persécution, la mort ou la torture, en particulier les migrantes et migrants fuyant Haïti », estime Harold Koh.

« Des alternatives légales et plus humaines existent clairement », rappelle Harold Koh.

La Commission interaméricaine des droits humains (Cidh) et le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits humains exigent des sanctions contre toute personne, reconnue coupable d’actes répréhensibles vis-à-vis des migrantes et migrants expulsés des États-Unis d’Amérique, dans un communiqué.

Ils condamnent l’usage excessif de la force contre les migrants haïtiens à Del Rio, dans l’État américain du Texas, ainsi que les renvois et expulsions vers le Mexique ou directement vers Haïti, effectués à la frontière Sud des États-Unis.

Les États-Unis sont également exhortés à enquêter sur cette situation avec la diligence requise et à garantir que ce genre d’événements ne se reproduira plus à l’avenir. [emb rc apr 07/10/2021 15:55]