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Assassinat de Jovenel Moïse : Une plainte, pour tortures et mauvaises conditions de détention en Haïti, déposée par les 18 ressortissants Colombiens incarcérés


jeudi 16 septembre 2021

P-au-P, 16 sept. 2021 [AlterPresse] --- Les 18 anciens soldats colombiens, arrêtés dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto Jovenel Moïse, ont porté plainte, pour dénoncer leurs mauvaises conditions de détention en Haïti, fait savoir la responsable de programmes, Marie Rosy Auguste Ducéna, du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

« La plainte a été portée, mais on ne dispose d’aucune information supplémentaire sur l’institution, à qui la plainte a été adressée », souligne le Rnddh.

« Toutes nos déclarations devant la police judiciaire ont été faites sous la torture, sans avocat. Ils nous ont brûlés avec de l’huile, ils nous ont arraché les ongles, ils nous ont arraché les dents », ont déclaré les détenus colombiens, rapporte le journal colombien « El colombiano », dans un article publié le mercredi 15 septembre 2021 et consulté par AlterPresse.

Le journal colombien cite une correspondance des détenus colombiens, envoyée à plusieurs médias.

Les 18 colombiens auraient affirmé avoir été torturés, accusés « injustement » dans le crime et détenus dans de très mauvaises conditions en Haïti, sans avoir eu droit à un avocat.

Selon le journal colombien, ces anciens soldats colombiens souhaitent trouver un avocat et être extradés d’Haïti.

Selon les enquêtes, ces anciens militaires colombiens ont été recrutés à travers une compagnie basée à Miami, aux États-Unis d’Amerique.

Plusieurs personnes, retenues en détention dans ce dossier, affirment avoir été torturées par des agents de la Brigade de recherche et d’intervention (Bri), au niveau de la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), dans un rapport du Rnddh sur l’assassinat de Jovenel Moïse, publié le 20 août 2021.

« Reynaldo Corvington, James Solages et Joseph Vincent, respectivement âgés de soixante-huit (68) ans, de cinquante-six (56) ans et de trente-six (36) ans, ont été sévèrement bastonnés », releve le rapport du Rnddh.

D’autres ont dénoncé le fait par les agents de la Bri d’avoir fait usage, à leur encontre, de substances nocives pour les forcer à parler.

De plus, « à la Dcpj, tout en étant menotté, Christian Emmanuel Sanon a dû passer la nuit sur une chaise, avant de rejoindre les autres, obligés de dormir à même le sol ».

Ces personnes n’ont pas eu droit à des visites. Elles n’ont pas pu se faire assister d’un avocat. Leurs conditions actuelles de détention sont très préoccupantes.

« Certains, parmi eux, sont incarcérés dans les cellules d’isolement, qui sont juxtaposées à un corridor, dans lequel sont jetés des matières fécales, des déchets et des eaux usées », décrit le rapport du Rnddh.

Les 18 colombiens incarcérés avaient adressé une lettre à leurs familles, en vue de solliciter, entre autres, l’assistance d’un avocat, avait indiqué le Réseau national de défense des droits humains.

Dans le cadre du dossier d’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto Jovenel Moïse, l’ancien responsable de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), Dimitri Hérard, accompagné de son avocat, a été auditionné, le mercredi 15 septembre 2021, par le juge d’instruction Garry Orélien. [mj emb rc apr 16/09/2021 14:25]