Crise : Une marche prévue, ce mardi 17 août 2021, à Port-au-Prince, pour continuer d’exiger la libération des prisonniers politiques en Haïti

P-au-P., 13 août 2021 [AlterPresse] --- Le bloc des avocats des prisonniers politiques ainsi que des organisations politiques projettent d’organiser, le mardi 17 août 2021, à Port-au-Prince, une marche pour continuer d’exiger la libération des prisonniers politiques, dont l’ancien député Arnel Bélizaire et l’ex-porte-parole du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Abelson Gros-Nègre, selon les informaations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

La marche devrait démarrer au niveau de Delmas et du carrefour de l’aéroport international de Port-au-Prince, rebaptisé Kafou rezistans, en passant par l’avenue Martin Luther King (communément appelé « Nazon »), pour aboutir devant les locaux du Ministère de la justice et de la sécurité (Mjsp), situés à l’avenue Charles Summer, à Port-au-Prince.

Les organisateurs appellent la Police nationale d’Haïti (Pnh) à garantir, durant la marche, la sécurité des protestataires, qui réclament la libération des prisonniers politiques.

La Pnh a violemment dispersé, à coup de gaz lacrymogènes et par des tirs d’armes à feu, deux derniers rassemblements, organisés, début août 2021, devant les locaux du Mjsp.

Des individus non identifiés ont également lancé des pierres sur les manifestants, a déploré Magalie Lacroix, coordonnatrice de l’organisation socio-politique Fòs Delma.

Le mardi 10 août 2021r, des policiers nationaux ont fait usage de gaz lacrymogènes, pour disperser une manifestation pacifique, durant laquelle les protestataires exigeaient la libération des prisonniers politiques devant le Mjsp.

Le bloc des avocats, qui défendent les prisonniers politiques, demande au commissaire du gouvernement près la cour d’appel de Port-au-Prince, Me. Claude Jean, de mettre le dossier des prisonniers politiques en état, pour permettre au tribunal de rendre son jugement sur le cas des prisonniers politiques.

« Après 21 mois d’arrestation (d’Arnel Bélizaire), pourquoi faudrait-il passer par la presse, des marches, des sit-in, pour qu’un citoyen puisse voir un juge ? », se demande, l’air frustré, Caleb Jean Baptiste, l’un des avocats des prisonniers politiques.

Me. Caleb Jean-Baptiste évoque des motivations politiques, qui empêcheraient Me. Claude Jean de remplir correctement son rôle.

« Le doyen du tribunal de première instance, Me. Bernard Saint Vil, doit, de son côté, rendre l’ordonnance sur les dossiers d’Abelson Gros-Nègre et Rénald Courtois, qui ont plaidé en sa présence, au tribunal ».

L’ancien porte-parole du syndicat de la Pnh, Abelson Gros Nègre, a été arrêté chez lui, à Carrefour-Feuilles, le samedi 27 mars 2021, et transféré au pénitencier national, à Port-au-Prince.

Accusé d’être un membre actif du groupe Fantom 509, Abelson Gros Nègre était recherché par la police pour « assassinat, tentative d’assassinat, atteinte à la sûreté intérieure de l’État, destruction de biens publics et privés ».

L’ancien député Arnel Bélizaire, Killik Cemelus Pierre, Clermont Bélizaire, Joanel Paul, Garry Philémon, Mackenton Estoril, entre autres, ont été arrêtés pour « complot contre la sûreté intérieure de l’État » dans la matinée du 30 novembre 2019 à Jacmel (Sud-Est d’Haïti).

Ils avaient en leur possession 3 fusils, 5 pistolets, 3 grenades lacrymogènes, 1 grenade à fragmentation, des munitions, 14 téléphones, 2 tablettes, 1 magnétophone et environ 300,000.00 gourdes, selon la Pnh.

« Nous ne signerons aucun accord politique visant à résoudre la crise actuelle, sans que les prisonniers politiques ne soient libérés », préviennent le bloc des avocats et ces organisations politiques.

La signature de l’accord politique entre les partis de l’opposition et les organisations de la société civile, en vue d’une solution haïtienne à la crise, est attendue, le mercredi 18 août 2021.

La Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise annonce la poursuite des échanges avec l’envoyé spécial américain, Daniel Lewis Foote, autour de la crise politique, qui s’est intensifiée après l’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto Jovenel Moïse. [mj emb rc apr 13/08/2021 15:55]