Haïti-Assassinat de Jovenel Moïse : De nouveaux mandats d’amener « suspects » à l’encontre d’un homme d’affaires, de dirigeants politiques et de pasteurs protestants

P-au-P, 03 août 2021 [AlterPresse] --- Sans avoir préalablement envoyé des invitations aux personnes ciblées, malgré l’absence de ce que les juristes appellent « flagrant délit », le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Bed-Ford Claude, vient de décerner des mandats d’amener à l’encontre d’un homme d’affaires, de dirigeants politiques et de pasteurs protestants, dans le cadre de l’enquête autour de l’assassinat, le 7 juillet 2021, du président de facto, Jovenel Moïse, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Non produits par le cabinet d’instruction, ces mandats d’amener « suspects » ciblent l’homme d’affaires Samir Handal, les dirigeants politiques Paul Denis du parti politique Inifòs, Liné Balthazar du Parti haïtien tèt kale (Phtk), les pasteurs Gérald Bataille et Gérard Forges, accusés de « tentative d’assassinat, de vol à mains armées et d’assassinat » au préjudice de Jovenel Moïse.

Le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince demande à la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), de prendre toutes les mesures pour faire comparaître ces « nouveaux suspects » devant la justice.

Déjà, plusieurs voix s’élèvent, notamment au niveau des droits humains, pour qualifier de persécutions politiques, dans le cadre de de manœuvres pour réaliser des élections dirigées, des « élections-sélections » en Haïti, les nouvelles démarches « illégales » du parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, pour demander à la police d’amener plusieurs citoyens, qu’il soupçonne d’implication dans l’assassinat de Jovenel Moïse.

Les pasteurs Gerald Bataille et Gerald Forges, ciblés dans les mandats d’amener émis par le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, avaient pris une part active, à travers la Commission protestante contre la dictature en Haïti (Cpcdh), dans le mouvement de protestations contre la dictature de Jovenel Moïse, dont le mandat constitutionnel avait pris fin le 7 février 2021.

Le commissaire du gouvernement avait lancé, le mercredi 23 juillet 2021, un mandat d’amener à l’encontre de la juge de la Cour de cassation, Me. Wendelle Coq Thélot, accusée « d’assassinat, de tentative d’assassinat et de vol à main armée », toujours dans le cadre de l’assassinat de l’ancien président de facto.

« Il s’agit d’une persécution politique contre la juge Wendelle Coq Thélot » avait dénoncé la batterie d’avocats de la magistrate, , critiquant la démarche « sélective et partisane » du commissaire du gouvernement.

Les avocats avaient projeté d’attaquer en annulation ce mandat d’amener, devant la juridiction des référés.

Près d’une quarantaine de personnes, dont une douzaine de policiers nationaux, ont été arrêtées, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président de facto, a informé la porte-parole de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Marie Michèle Verrier, lors d’un point de presse donné le vendredi 30 juillet 2021.

« Ce qui est important, c’est de trouver les personnes qui ont donné l’ordre d’assassiner Jovenel Moïse », a déclaré Martine Joseph Moïse, épouse de l’ex-chef d’État assassiné, dans une interview donnée à la chaîne américaine Cnn.

La veuve de Jovenel Moïse a parallèlement sollicité le support de l’Organisation des Nations unies (Onu) pour aider à faire la lumière sur cet assassinat. [mj emb rc apr 03/08/2021 13:00]