Haïti-Assassinat de Jovenel Moïse : Appel à sécuriser le greffe du parquet de Port-au-Prince, pour protéger les pièces à conviction

P-au-P, 03 août 2021 [AlterPresse] --- L’Association nationale des greffiers haïtiens (Anagh) demande aux autorités compétentes de prendre toutes les dispositions nécessaires, en vue de doter le greffe, du parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, de chambres sécurisées et de coffres-forts, destinés à conserver les pièces à conviction, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces dispositions empêcheraient les commis des parquets et les greffiers d’être victimes, ou encore d’être utilisés comme des boucs émissaires dans la soustraction éventuelle des pièces relatives au dossier l’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ex-président de facto assassiné, Jovenel Moïse, en sa résidence privée à Pèlerin 5 (périphérie est de la capitale, Port-au-Prince), souligne l’Anagh.

Dans un entretien à AlterPresse, le président de l’Anagh, Martin Ainé, demande aussi aux instances concernées d’installer des caméras de surveillance, pour que le greffier en chef puisse contrôler à distance ces chambres et coffres-forts.

L’Anagh déplore le faible niveau de sécurité au parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, où des cas de perte d’argent et de disparition d’armes ont l’habitude d’être signalés.

Arrestations et saisies d’armes de guerre et d’argent

Plus de 200 armes de guerre, notamment dans la résidence de l’un des accusés, Reynaldo Covington, et de fortes sommes d’argent dans d’autres lieux ont été saisies, lors de perquisitions effectuées, suite à l’assassinat de Jovenel Moïse, informe l’Association nationale des greffiers haïtiens.

Près d’une quarantaine de personnes, dont une douzaine de policiers nationaux, ont été arrêtées, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président de facto, a informé la porte-parole de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Marie Michèle Verrier, lors d’un point de presse donné le vendredi 30 juillet 2021.

Ces 12 policiers nationaux sont : William Moïse, Osmann Pierre Léandre, Jean Laguel Civil, Ronald Guerrier, Alphonse Sadrac, Arly Jean, Phanec Delica, Frantz Louis, Laurent Jude, Ernest Germain, Rony François, Cleantis Louissaint.

Quatre policiers nationaux, en l’occurrence William Moïse, Bonni Grégoire, Clifton Hyppolite, Jean-Elie Charles seraient impliqués directement dans l’assassinat de Jovenel Moïse.

Un avis de recherche a été émis contre la juge Wendelle Coq Thélot, pour son implication présumée dans cet assassinat, a rappelé l’institution policière.

Après l’avoir annoncé, le mercredi 28 juillet 2021, le Conseil des avocats de la juge a entamé une action en annulation, auprès du tribunal des référés, contre le mandat d’amener contre la juge, accusée d’assassinat et de vol à main armée au préjudice de Jovenel Moïse.

Des mandats d’amener décernés contre plusieurs personnalités en Haïti

Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Bed-Ford Claude, a décerné des mandats d’amener à l’encontre de plusieurs personnalités en Haïti, dans le cadre de l’enquête autour de l’assassinat du président de facto.

Ces mandats ciblent les dirigeants politiques Paul Denis et Liné Balthazar, l’homme d’affaires Samir Handal, les pasteurs Gérald Bataille et Gérard Forges.

Ils sont accusés de « tentative d’assassinat, vol à mains armées, assassinat » au préjudice de Jovenel Moïse.

Le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince demande à la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), de prendre toutes les mesures, pour faire comparaître ces nouveaux « suspects » devant la justice.

Poursuite des menaces de mort et entraves au dossier

Par ailleurs, l’Anagh continue de dénoncer des menaces de morts, proférées à l’encontre des greffiers Waky Philostene et Marcelin Valentin, dans cette affaire.

Des individus leur demandent de modifier des déclarations, de ne pas citer des noms de personnes impliquées dans le dossier et d’écarter des preuves, révèle l’Association nationale des greffiers haïtiens, qui entend accompagner les greffiers ciblés, jusqu’à la tenue du procès lié au dépôt de leurs plaintes.

Le site de la chaîne américaine Cnn avait révélé de nombreuses entraves à l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président de facto Jovenel Moïse, en sa résidence privée à Pèlerin 5 (périphérie est de la capitale, Port-au-Prince).

Parmi les entraves, figurent des menaces de mort, envoyées à plusieurs responsables haïtiens, notamment les greffiers qui assistent cette enquête, des tentatives mystérieuses d’influencer le dossier, des difficultés d’accès à la scène de crime, aux témoins et aux preuves, énumérait la chaîne d’informations américaine. [emb rc apr 03/08/2021 12:05]