Perspectives

Crise : Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo prône un consensus national en Haïti


mercredi 28 juillet 2021

P-au-P, 28 juill. 2021 [AlterPresse] --- Seul un consensus national pourrait permettre de mettre en place une véritable transition de rupture en Haïti, estime le regroupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo [1], dans une lettre ouverte transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Ce regroupement d’organisations politiques, syndicales et populaires encourage les protagonistes politiques à dégager un leadership, pour transformer la crise politique actuelle en opportunités en Haiti.

Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo signale une aggravation de la crise, sur le territoire national, après l’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, du président de facto Jovenel Moïse, en sa résidence privée à Pèlerin 5 (périphérie est de la capitale, Port-au-Prince).

Tandis que différentes entraves sont identifiées dans l’enquête, sur l’assassinat du 7 juillet 2021, comme le révèle la chaîne d’informations américaine Cnn, les autorités judiciaires et policières peinent à identifier les commanditaires et auteurs intellectuels de l’assassinat de Jovenel Moïse, qui a soulevé l’indignation des forces nationales et internationales.

Après un intérim, assuré par le premier ministre de facto Claude Joseph, suite à la mort de Jovenel Moise, Ariel Henry a été installé, le mardi 20 juillet 2021, comme nouveau chef du gouvernement, sous la pression internationale et sans un consensus avec l’ensemble des forces vives du pays.

Entre-temps, les pourparlers entre la classe politique et la société civile se poursuivent, en vue de parvenir à un accord consensuel, pour sortir le pays de l’impasse actuelle.

La deuxième séance de la conférence citoyenne, programmée pour le mercredi 28 juillet 2021, a été reportée à la fin de la semaine, annonce la Commission pour une solution haïtienne à la crise, dans un tweet.

« Cette décision a été prise, afin de laisser la priorité à la journée de célébration de la vie, organisée par plusieurs organisations à la mémoire des victimes des massacres », explique-t-elle.

Par ailleurs, Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo déplore aussi un effondrement des pouvoirs de l’État, un dysfonctionnement des institutions publiques indépendantes, une instrumentalisation de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et une augmentation des actes de corruption dans l’administration publique.

Dans une prise de position, plusieurs associations de juges ont attiré l’attention sur l’aggravation de la crise politique et institutionnelle, depuis la mort, le 23 juin 2021, du président de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), le juge René Sylvestre, et l’assassinat, le 7 juillet 2021, du président de facto Jovenel Moïse.

Rejetant l’option d’un exécutif sans président, ces associations de juges déplorent le dysfonctionnement, depuis le samedi 3 juillet 2021, du Cspj, en raison de la non installation des nouveaux membres élus et désignés.

Sans président, la Cour de Cassation fonctionne actuellement avec un effectif réduit de juges, alors que, dans les prochains mois, le mandat de certains d’entre eux arrivera à terme. Ce qui rendra dysfonctionnelle la Cour de Cassation, ont averti ces associations de juges. [emb rc apr 28/07/2021 13:25]

[1Konbit òganizasyon politik, sendika ak popilè yo regroupe le Mouvement démocratique populaire (Modep), l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), le Mouvement de liberté, d’égalité des Haïtiennes et Haïtiens pour la fraternité (Moleghaf), Fòs kanapevè reveye, le Mouvman esklav revòlte, la Coordination nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha), l’Association nationale des normaliennes et normaliens indépendants d’Haïti (Annih), entre autres.