Haïti-Crise : De plus en plus de liens apparaissent entre les suspects dans l’assassinat de Jovenel Moïse et les Etats-Unis

Actualisé 13 juillet 2021 à 06:00

P-au-P., 12 juill. 2021 [AlterPresse] --- Plusieurs des individus, supposément impliqués dans l’ opération qui a conduit à l’assassinat du président Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, avaient travaillé dans le passé en tant qu’informateurs des forces de l’ordre américaines, a révélé la chaine américaine Cnn.

Au moins un des hommes, arrêtés par les autorités haïtiennes, était un informateur pour la Drug Enforcement Administration (Dea) des États-Unis d’Amérique, a déclaré la Dea, en réponse à une sollicitation de la chaine de nouvelles, consultée par AlterPresse.

« Jusqu’à présent, l’un des suspects de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse était une source confidentielle de la Dea », a précisé la Dea.

« Suite à l’assassinat du président Moïse, le suspect a contacté la Dea. Un responsable de la Dea, affecté à Haïti, l’a exhorté à se rendre et, d’un commun accord avec un responsable du département d’État, ce dernier a fourni des informations au gouvernement haïtien, qui ont aidé à l’arrestation du suspect et d’une autre personne », rapporte Cnn citant la Dea.

Aucun des assaillants n’opérait pour le compte de la Drug Enforcement Administration, a précisé l’agence, qui a fait savoir qu’elle était au courant d’informations, selon lesquelles certains présumés assassins auraient crié « Dea » au moment de leur attaque.

D’autres personnes, arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, avaient également des liens avec d’autres institutions américaines, notamment en travaillant comme informateurs pour le Federal bureau of investigation (Fbi), ont indiqué des sources informées.

Consulté par Cnn, le Fbi a déclaré qu’il n’avait pas de commentaire à faire, sauf pour dire qu’il utilisait des « sources licites pour collecter des renseignements » dans le cadre de ses enquêtes.

Pour l’heure, le nombre de suspects, appréhendés dans le cadre de l’enquête, est au nombre de 21, dont 18 militaires retraités ou ex-militaires colombiens et trois civils Haïtiens. Trois Colombiens ont été tués et 5 autres sont en cavale.

Par ailleurs, le responsable de la sécurité présidentielle, le commissaire divisionnaire Jean Aguel Civil, doit être auditionné le mardi 13 juillet 2021, tandis que celui du palais présidentiel, le commissaire de police Dimitry Hérard, doit répondre aux questions des enquêteurs, le mercredi 14 juillet 2021. Des mesures conservatoires ont été prises contre eux et ils ont été remplacés.

En ce qui concerne Dimitry Hérard, des données d’investigation montrent un certain nombres de voyages à Bogota et il a été objet d’enquête au niveau des États-Unis pour trafic d’armes.

« Les autorités haïtiennes ont fourni des détails limités sur l’enquête, mais le nombre croissant de liens en Floride avec le complot semble dépeindre une opération, au moins en partie, ourdie aux États-Unis », commente Cnn.

« Cela peut augmenter la probabilité que le ministère américain de la Justice puisse porter des accusations contre tout participant américain au complot », ajoute la chaîne d’informations Cnn. [apr 12/07/2021 22:00]

Source photo : Pnh