Haïti : le Conseil de sécurité de l’Onu appelle au calme, après l’assassinat du Président Jovenel Moïse

P-au-P., 08 juill. 2021 [AlterPresse] --- Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) a lancé, ce jeudi 8 juillet 2021, un appel au calme aux Haïtiens à la suite de l’assassinat du président de facto Jovenel Moïse à son domicile de Pèlerin (périphérie est) par un commando, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, apprend AlterPresse.

Le Conseil de sécurité s’est réuni à huis clos, dans la matinée, pour faire le point de la situation en Haïti, et a écouté un exposé de la situation, faite par la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’Onu en Haïti, l’Américaine Helen La Lime.

Dans une déclaration à la presse, publiée la veille, le Conseil de sécurité a condamné, dans les termes les plus forts, l’assassinat de Jovenel Moïse. Les membres du Conseil ont exprimé leurs condoléances à sa famille et au peuple haïtien, et ont demandé que « les auteurs de ce crime odieux soient rapidement traduits en justice ».

Les membres du Conseil de sécurité ont appelé « catégoriquement tous les acteurs politiques en Haïti à s’abstenir de tout acte de violence et de toute incitation à la violence ».

Ils ont appelé toutes les parties « à rester calmes, à faire preuve de retenue et à éviter tout acte, qui pourrait contribuer à accroître l’instabilité ». Ils ont exprimé « leur soutien indéfectible au dialogue ».

Le Conseil de sécurité de l’Onu a affirmé sa détermination à suivre la situation actuelle en Haïti et a réitéré la nécessité essentielle de respecter l’État de droit et d’assurer la sécurité de toutes les personnes et des opérations de l’Onu.

Alors que des opérations policières sont en cours, à la recherche de présumés membres du Commando, qui a assassiné le président, une certaine tension a été perceptible dans quelques quartiers.

Le premier ministre démissionnaire par intérim, Claude Joseph, a lancé un appel au calme, au moment où une tendance à la stigmatisation d’étrangers s’exprimant en Espagnol et des menaces de pillage seraient enregistrées.

Les présumés assaillants ont été présentés comme personnes d’origine latino-américaine.

Claude Joseph et le chef ad intérim de la police Léon Charles ont, lors de déclarations à la presse, demandé à la population d’observer la « vigilance », sans s’en prendre à des personnes ou à des entreprises.

Claude Joseph a répété que la situation était sous contrôle et invité la population à vaquer normalement à ses occupations.

Les activités générales sont demeurées largement paralysées dans tout le pays, tandis que la population continue de se montrer très prudente. [apr 08/07/2021 15 :30]

Photo Onu/Loey Felipe