Éviter qu’Haïti bascule vers le chaos généralisé, après l’assassinat de Jovenel Moïse

Déclaration de la Plateforme française de solidarité avec Haïti

Document soumis à AlterPresse le 7 juillet 2021

La Plateforme française de solidarité avec Haïti, a pris connaissance de l’assassinat du président sortant d’Haïti, Jovenel Moïse, par un commando dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet, selon le premier ministre sortant, Claude Joseph. Elle veut exprimer son rejet d’un tel acte comme toute la montée de la violence dans ce pays.

Si nous déplorons la mort d’un homme qui méritait davantage d’être déféré devant la justice plutôt que d’être assassiné, nous persistons à dénoncer, comme dans notre déclaration, l’attitude de ce chef d’état accroché au pouvoir qui, par sa néfaste conception de la gouvernance du pays durant son mandat, a laissé Haïti, nation la plus pauvre du continent américain, se gangrener par l’insécurité et notamment à travers des enlèvements contre rançon menés par des gangs jouissant d’une quasi-impunité.

Depuis près de dix ans, le peuple haïtien subit un régime politique mafieux, appuyé par une fraction de la bourgeoisie locale, à travers des élections truquées, en dehors des normes élémentaires de la morale publique et de l’éthique, sous le silence coupable de la communauté internationale et ce, malgré les appels lancés par notre Plateforme et la campagne STOPSILENCEHAÏTI, que nous soutenons.

Il est urgent, que les Instances internationales, le Conseil de sécurité de l’Onu, l’Oea, les États-Unis et l’Union Européenne, la France accompagne le peuple Haïtien pour éviter que le pays bascule vers le chaos généralisé, permettent la tenue d’élections législatives, sénatoriales et présidentielle, libres et transparentes, dans un délai raisonnable qui tient compte du contexte socio-politique instable du pays rendant difficile l’organisation de ces trois scrutins. Il faut souhaiter que l’organisation du référendum de modification de la constitution voulu par Jovenel Moïse mais largement contesté par l’opposition et la population, soit caduque après les évènements de la nuit dernière.

Plus que jamais, nous vous invitons à nous rejoindre pour construire ensemble un large mouvement de solidarité avec le peuple d’Haïti, pour briser en France le mur du silence sur la situation réelle dans ce pays et pour nous associer à celles et ceux qui entreprennent les mêmes actions en Europe et dans le Monde.

Paris, le 7 juillet 2021