Dépêches

Haïti-Crise : Jovenel Moïse nomme Ariel Henry premier ministre


lundi 5 juillet 2021

P-au-P., 05 juillet 2021 [AlterPresse] --- Le docteur Ariel Henry a été nommé, ce 5 juillet 2021, premier ministre par le président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin le 7 février 2021, apprend AlterPresse.

« J’ai nommé le citoyen Ariel Henry au poste de Premier Ministre », annonce Jovenel Moïse, sur son compte Twitter, en fin d’après-midi.

La mission confiée à Ariel Henry par Jovenel Moïse est de « former un gouvernement d’ouverture incluant les forces vives de la Nation, résoudre le problème criant de l’insécurité et accompagner le Cep (Conseil électoral provisoire) pour la réalisation des élections générales et du référendum », selon le tweet de Moïse.

Les rumeurs concernant la nomination du Dr. Ariel Henry, en remplacement du Dr Claude Joseph, ont couru durant tout le week-end, suscitant des remous anticipés particulièrement au niveau des réseaux sociaux.

A la démission de Joseph Jouthe, en avril 2021, au milieu d’une situation de crise politique doublée de crise sécuritaire, Claude Joseph, qui occupait le poste de ministre des affaires étrangères, a été fait chef de gouvernement intérimaire et reconduit à plusieurs reprises.

L’impasse politique et institutionnelle s’est, depuis, renforcée, tandis que l’insécurité et la violence se sont aggravées, avec des dizaines de personnes tuées et des milliers de personnes déplacées, à cause des attaques de gangs armés dans les quartiers populaires de la capitale et des affrontements entre gangs rivaux.

Ariel Henry, 71 ans, septième personnalité nommée par Jovenel Moïse pour diriger une équipe gouvernementale, depuis son accession au pouvoir en 2017, est un neuro-chirurgien, ancien ministre de l’intérieur puis ministre des affaires sociales du gouvernement dirigé en 2015 par Evans Paul, sous la présidence de Michel Martelly.

Il était issu du parti Inite, fondé par le défunt président René Préval, un parti qui s’est, depuis, divisé et dont, pour le moins, plusieurs franges se retrouvent dans l’opposition.

Haïti est sans parlement depuis janvier 2020 et les élections législatives, municipales et locales sont largement en retard.

Jovenel Moïse, dont le mandat constitutionnel a pris fin depuis le 7 février 2021, dirige par décrets, alors que la plupart des principales institutions du pays sont soit inopérantes, soit considérablement affaiblies.

Malgré le rejet en bloc de l’opposition et d’une grande partie de la société civile, le pouvoir maintient, pour le 26 septembre 2021, la tenue d’élections générales et d’un referendum pour changer illégalement et unilatéralement la Constitution du pays. [apr 05/07/2021 17:20]