Perspectives

Criminalité : Diverses organisations dénoncent la responsabilité du régime de facto, dans les massacres en Haïti


vendredi 2 juillet 2021

P-au-P, 02 juill. 2021 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations critiquent l’attitude irresponsable du régime de facto, affichée vis-à-vis des massacres (Ndlr : au moins 13 massacres documentés par les organismes haïtiens de droits humains, de 2018 à 2021) en Haïti, dans des notes séparées transmises à l’agence en ligne AlterPresse.

Tôt au tard, le président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin depuis le dimanche 7 février 2021, devra répondre, devant la justice, de ses actes d’assassinats, visant à consolider son pouvoir de corruption, espère l’Inisyativ patriyòt maryen (Ipam), fondée le 18 mai 2019.

L’Ipam pointe du doigt le directeur ad intérim de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Leon Charles, le président de facto, Jovenel Moïse, et la Fédération des gangs armés du G9 an fanmi ak alye, dans les actes de terreur, « perpétrés, dans la nuit du mardi 29 juin 2021, sous les yeux des membres du Core group, de l’Organisation des états américains (Oea), du Bureau intégré des Nations unies (Binuh), de l’ambassade américaine en Haïti ».

Des individus, faisant partie de la base Krache dife, dirigée par Wilson Pierre, connu encore sous le nom de James ALexander alias Ti Sonson, et Jean Manillo Viau, alias Manino ou Manillo, seraient impliqués dans la tuerie, ayant fait au moins 19 morts et un blessé, dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 juin 2021, à Delmas 32, Christ-Roi et à l’avenue N prolongée, révèle le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), citant les témoignages de riveraines et riverains à Delmas 32.

Face à ce climat de terreur, instaurée dans le pays, avec la complicité des autorités étatiques, le Rnddh appelle encore une fois à la mobilisation citoyenne, pour exiger le respect des droits de la population haïtienne.

Ces bandits armés, circulant à bord de motocyclettes, ont aussi assassiné par balles, vers 0:30 locale (4:30 gmt), le mercredi 30 juin 2021, le journaliste Diego Charles de Radio Télé Vision 2000, devant sa résidence, à la rue Acacia, non loin de Christ Roi, dans la capitale, Port-au-Prince.

Diego Charles venait d’être reconduit chez lui par la militante féministe Marie Antoinette Duclaire, qui, elle aussi, a été tuée par balles, au volant de sa voiture, toujours à Christ Roi.

Par ailleurs, le porte-parole du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17), Guerby Geffrard, a été également tué par balles, dans l’après-midi du mardi 29 juin 2021, à Delmas 32.

Environ une quinzaine de personnes ont été abattues par balles, dans ces zones, a informé le directeur général par intérim de l’institution policière, Léon Charles.

Du 14 mars 2018 au 30 juin 2021, au moins cinq (5) journalistes ont été assassinés : Vladimir Legagneur (14 mars 2018), Pétion Rospide (11 juin 2019), Néhémie Joseph (10 octobre 2019), Diego Charles (29 juin 2021) et Marie Antoinette Duclaire (29 juin 2021), rappelle le Rnddh.

De plus, au moins 13 massacres documentés ont été perpétrés par des gangs armés durant la même période (2028 à 2021), en Haïti.

Malgré, les dénonciations des associations de journalistes, les autorités judiciaires et policières peinent encore à poursuivre les enquêtes sur ces assassinats.

S’ajoutent, parallèlement, à cette liste, les agressions faites contre les journalistes dans le cadre de leurs fonctions, au cours de cette année 2021.

On compte, ainsi les journalistes, Réginald Rémy de Radio Caraïbes, Alvarez Destiné d’ « Actualité locale TV » (Altv), Reynald Petit-Frère de Signal FM, agressés dans l’exercice de leur fonction, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), lors de mobilisations populaires.

« C’est le droit à l’information, dans son intégralité, qui est menacé. Aux organisations internationales compétentes de prendre note des agressions répétées contre la presse haïtienne », souligne le Kolektif 2D.

Se disant très préoccupé par la fréquence des menaces, des violences et des assassinats, que subissent les journalistes en Haïti, le Kolektif 2D appelle les autorités compétentes à mener une enquête, surtout sur le récent assassinat du journaliste Diego Charles, et à punir les coupables.

Tout en déplorant les assassinats du journaliste Diego Charles et de la militante Marie Antoinette Duclaire, le parti politique Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (Unir) juge intolérable et inacceptable cette situation.

« La politique, qui vise à prendre ou à garder le pouvoir, ne doit pas s’exercer dans la violence, les meurtres et le crime », déplore l’Unir.

L’organisation Zansèt condamne la pratique d’assassinats politiques, installée, depuis plus de trois ans, dans le pays, par le Parti haïtien tèt kale (Phtk) au pouvoir.

Seule une mobilisation consciente, avec un leadership qui inspire confiance et bravoure, peut renverser ce regime de facto, reste convaincue l’organisation Zansèt, soulignant combien le régime du Phtk ne montre aucun respect pour la vie.

Ces assassinats en série constituent une attaque contre la démocratie, contre la liberté de parole et contre le droit à la vie de la personne humaine, releve l’organisation Ansanm, dont Antoinette Duclaire a été fondatrice et membre du directoire.

L’organisation Ansanm appelle la population à lutter contre les actes criminels ainsi que contre l’impunité qui dépasse les bornes.

En moins de huit jours, soit du vendredi 25 au mercredi 30 juin 2021, près d’une soixantaine de personnes ont été tuées dans la commune de Cité Soleil (au nord de la capitale, Port-au-Prince, à la rue Magloire Ambroise (centre-ville), Delmas et Pétionville (à l’est), a dénombré l’organisme de défense des droits humains Fondasyon je klere (Fjkl).

Au moins quarante personnes ont été abattues, le vendredi 25 juin 2021, à Cité Soleil, informe la Fjkl.

La tuerie du 25 juin 2021 à Cité Soleil intervient, après une série d’affrontements armés entre la fédération des gangs armés G-9 an fanmi ak alye, dirigée par Jimmy Chérizier allias ’’Barbecue’’, proche du pouvoir politique en place, et le groupe G-pèp de Gabriel Jean Pierre alias Ti Gabriel, précise la Fjkl. [mj emb rc apr 02/07/2021 13:05]