Criminalité : L’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, Jean-Robert Argant, dénonce le « silence inacceptable » de la Ccih

P-au-P, 28 juin 2021 [AlterPresse] --- L’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haiti (Ccih), Jean-Robert Argant (de 2006 à 2009), dénonce le « silence inacceptable » de ladite institution, face aux violences, perpétrées par les gangs armés sur les entreprises en Haïti, dans une lettre ouverte, en date du lundi 28 juin 2021, adressée au président de la Ccih, Laurent Saint-Cyr, et dont une copie a été transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

« Aujourd’hui, des entrepreneurs sont arnaqués, leurs entreprises vandalisées et pillées, leur vie menacée et certains sont même ouvertement victimes de persécutions politiques », déplore Jean-Robert Argant.

La Ccih « se devait, non seulement de se mettre en croix contre de tels actes répréhensibles, mais aussi d’entamer les dynamiques nécessaires, visant à redresser la situation », regrette Jean-Robert Argant, qui appelle l’institution à imposer des corrections à ces dérives.

Des instructions ont été passées pour empêcher la répétition des actes de pillage, enregistrés, depuis le vendredi 18 juin 2021, dans certains endroits de la capitale, Port-au-Prince, notamment au bas de Delmas, avait indiqué la Police nationale d’Haïti (Pnh).

Ces scènes de pillages font suite à des opérations, menées par la Pnh pour déloger, au bas de Delmas, des gangs de la fédération du groupe denommé G9 an fanmi ak alye, qui y sèment la terreur.

Dans une note, la chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie (Cfhci) avait, de son côté, condamné, avec la plus grande fermeté, « ces actes de pillages, qui viennent s’ajouter au climat délétère sévissant dans le pays ».

Tout en présentant ses sympathies aux victimes des récentes violences, commises notamment à Martissant, Bel Air et Delmas, la Cfhci a appelé tous les autres acteurs de la société civile à se concerter, en vue de trouver une solution de sortie de crise.

La Fédération haïtienne des petites et moyennes entreprises (Fhapme) a aussi exprimé ses préoccupations, par rapport à la dégradation du secteur économique, provoquée par la conjoncture sociopolitique et l’insécurité grandissante en Haïti.

La Fhapme avait souligné combien le pays fait face à une instabilité économique sans précédent.

Les actes de violences à Port-au-Prince risquent non seulement de compliquer davantage toutes perspectives portant sur la promotion des petites et moyennes entreprises, mais aussi, de produire des impacts négatifs sur la croissance économique, l’investissement et la consommation, prévient la Fhapme.

Pour sa part, le Groupe Boulos avait condamné les attaques, perpétrées, le lundi 14 juin 2021, par des individus armés contre des locaux d’entreprises, notamment la compagnie de vente de véhicules, Berhman Motors.

Ces graves incidents ne sont pas de nature à favoriser les investissements privés et la création d’emplois, avait déclaré le Groupe Boulos, tout en soulignant combien ces événements s’inscrivent dans un contexte de délinquance généralisée, sous le regard passif des autorités.

Le Groupe Boulos a rappelé aux autorités, en général, et à la police, en particulier, leurs responsabilités de garantir la sécurité de toutes et de tous, sans exclusion. [emb rc apr 28/06/2021 13:00]