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Haïti-Crise : Situation d’insécurité intenable, en juin 2021, dans la capitale, Port-au-Prince


mercredi 23 juin 2021

P-au-P, 23 juin 2021 [AlterPresse] --- Dans un contexte de criminalité sans précédent en Haïti, une situation d’insécurité intenable continue de régner, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, observe l’agence en ligne AlterPresse.

En plus des quartiers de Bas Delmas, La Saline, Cité Soleil (nord) et de Bel Air (centre-ville), les actes de violences affectent, particulièrement depuis le 1er juin 2021, les quartiers de Martissant (périphérie sud de la capitale).

Entre-temps, les bandits armés continuent de perpétrer les actes de kidnapping, dans ce contexte d’insécurité grandissante.

Ce mercredi 23 juin 2021, environ une centaine d’étudiantes et d’étudiants de l’Université Saint François d’Assise d’Haïti (Usfah) ont gagné les rues, pour exiger la libération du professeur Raymond Jean-Baptiste, doyen de la faculté de droit de l’Usfah.

« L’État, nous en avons assez ! », criaient les protestataires, qui longeaient la route de Delmas 33, munis de branches d’arbres et de pancartes.

Le professeur Raymond Jean-Baptiste a été enlevé dans l’après-midi du mardi 22 juin 2021, à la Croix-des-Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale) par le groupe armé denommé 400 Mawozo.

Les ravisseurs réclament 500 mille dollars comme rançon, selon des médias.

Cette manifestation improvisée a débuté par un mouvement de tensions, qui a éclaté sur la route de Delmas 33, où des barricades de pneus usagés enflammés ont été dressées.

Le blocage des rues a forcé les véhicules à rebrousser chemin.

Parallèlement, des tirs et des actes de vandalisme sont encore signalés dans la capitale.

Dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juin 2021, deux entreprises ont été vandalisées à Martissant par des groupes armés, dont l’entreprise Hafco et une succursale du groupe Sogebank, fermée depuis le vendredi 4 juin 2021, en raison de l’insécurité.

La Sogebank affirme ne pas être en mesure d’évaluer, pour le moment, l’étendue des dommages enregistrés.

Les affrontements entre les gangs armés rivaux, qui ont éclaté à Martissant, depuis le 1er juin 2021, ont fait plusieurs morts, blessés et entraîné le déplacement de milliers de personnes.

Traverser Martissant constitue une épreuve difficile et traumatisante pour les usagères et usagers. Des personnes, qui tentaient de passer dans la zone, auraient été tuées, le lundi 21 juin 2021, lors d’affrontements entre des gangs armés rivaux, selon des témoignages.

« Quand vous quittez Fontamara 43, pour avancer vers le centre-ville, vous sentez que vous allez subir une épreuve, partant de Fontamara 27 jusqu’à Sainte-Bernadette. C’est comme un labyrinthe. Vous ne savez pas à quel moment vous pouvez recevoir une balle perdue, quand vous traversez. C’est très compliqué », témoigne un riverain de Carrefour.

Pour rentrer au centre-ville de Port-au-Prince et aller vaquer à leurs activités, les habitantes et habitants doivent d’abord suivre la tendance, s’informer s’il y a des véhicules de transports qui font le va-et-vient entre le centre-ville de Port-au-Prince et Carrefour, et autres, explique-t-il.

Depuis le début, le 1er juin 2021, des affrontements entre gangs armés rivaux à Martissant, il y a un grand ralentissement des activités socioéconomiques au sud de la capitale, Port-au-Prince. [mj emb rc apr 16/07/2017 17:00]