Haïti-Droits humains : La plateforme Garr appelle à la protection des personnes déplacées, par les violences de gangs armés à Port-au-Prince

P-au-P, 23 juin 2021 [AlterPresse] --- A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, chaque année, la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) exhorte les autorités à protéger les personnes déplacées par les violences de gangs armés à Port-au-Prince et les personnes réfugiées en Haïti, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Craignant une aggravation de la situation sécuritaire, qui pourrait pousser les familles déplacées internes à se réfugier en République Dominicaine, la plateforme Garr préconise de garantir un climat sécuritaire adéquat, permettant à ces milliers de personnes de s’épanouir et d’évoluer en toute liberté et en toute dignité.

Des milliers de personnes ont été contraintes de se déplacer dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, à cause des affrontements entre gangs armés, enregistrés depuis le début du mois de juin 2021, d’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires (sigle anglais Ocha).

« Beaucoup de personnes déplacées des quartiers populaires, attaqués par les gangs armés, sont susceptibles de devenir des personnes réfugiées. (..) Les conflits entre gangs rivaux contraignent plusieurs centaines de familles à fuir leurs domiciles ».

Un nombre, jusque-la non encore déterminé, d’habitantes et d’habitants ont déserté plusieurs quartiers livrés aux gangs armés, comme Martissant, Fontamara (sud de la capitale), Village de Dieu, La Saline, Bas de Delmas et Bel Air, relève la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés.

Chaque semaine, un nouveau quartier est en proie à des actes de violence, perpétrés par ces groupes armés.

Dans un rapport, l’Institut mobile d’éducation démocratique (Imed) a jugé précaires les conditions d’hébergement des familles déplacées au centre sportif de Carrefour (sud de la capitale) où plus de 300 familles pour plus de 1,200 personnes ont été hébergées.

« Ces personnes réfugiées sont exposées à toutes sortes de maladies infectieuses, à cause d’un niveau de promiscuité défiant toutes les normes hygiéniques et sanitaires ».

Le rapport de l’Imed a été vivement dénoncé par le conseil exécutif intérimaire de la municipalité de Carrefour, qui y voit une tentative de discréditer les efforts des institutions venant en aide aux personnes déplacées.

Victimes des actes de violences de gangs armés, plus d’une centaine de personnes, qui résidaient, avec des niveaux différents de handicaps, dans un camp d’hébergement situé au bas de Delmas, ont été également délocalisées, depuis le vendredi 18 juin 2021, dans des conditions infrahumaines, à l’école communale de Pétionville, selon les témoignages recueillis sur place, le 22 juin 2021, par AlterPresse.

Ces personnes déplacées ont été obligées de fuir leur camp d’hébergement, situé au bas de Delmas, suite à des affrontements entre la Police nationale d’Haïti (Pnh) et des gangs armés, qui opèrent dans la zone.

Ces affrontements se sont soldés, dans la soirée du jeudi 17 juin 2021, par l’incendie du camp des personnes déplacées à Delmas 2, érigé depuis le tremblement de terre dévastateur du mardi 12 janvier 2010. [emb rc apr 23/06/2021 13:35]