Perspectives

Crise : Le gouvernement incapable de faire avancer la lutte contre l’insécurité en Haïti, selon les Nations unies


vendredi 18 juin 2021

P-au-P, 17 juin 2021 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien serait incapable de faire avancer la lutte contre l’insécurité dans le pays, estime le Conseil de sécurité des Nations unies à travers le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), dans un rapport consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

« Les actes de violence graves que continuent de commettre les bandes organisées et les rapts incessants, auxquels s’ajoute le manque d’efficacité des autorités, qui laissent la police assumer la plus grosse part des responsabilités en matière de sécurité publique, attestent de l’incapacité du gouvernement à avancer dans la lutte contre l’insécurité »,

Le Binuh critique l’inefficacité des mesures, prises par les pouvoirs publics, pour lutter contre la criminalité et la violence des bandes armées en Haïti.

Pour souligner cette inefficacité, le Binuh met en avant plusieurs affaires graves, notamment l’évasion de nombreux détenus survenue à la prison de la Croix-des-Bouquets (nord-est de la capitale), le 25 février 2021, l’opération de police ratée à Village de Dieu le 12 mars 2021 et les attaques menées par des bandes organisées à Bel-Air (au centre-ville), les 31 mars et 1er avril 2021.

Il évoque aussi le sentiment d’insécurité exacerbé par la flambée de certaines formes de criminalité dont les enlèvements qui ont connu une augmentation de 36 % au cours des quatre premiers mois de 2021.

Les Nations unies appellent donc les autorités à redoubler d’efforts et à prendre les mesures nécessaires pour protéger la population contre les violences commises par les bandes organisées.

Elles demandent de veiller à ce que les auteurs des violences, commises dans les affaires (tueries) emblématiques de Lilavois et Gran Ravin (2017), de La Saline (2018) et de Bel Air (2019 et 2020), ainsi que d’autres infractions graves, ne restent pas impunis.

Les autorités haïtiennes doivent également chercher à améliorer le contexte socioéconomique et politique actuel, qui est propice à l’activité de ces groupes armés, recommandent-elles.

Des groupes de gangs armés continuent de semer la terreur dans plusieurs quartiers populaires de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, notamment à Martissant et ses environs, au bas de Delmas, à La Saline (au bord de la mer), Cité Soleil (nord de la capitale).

Des affrontements entre des gangs rivaux ont fait plusieurs morts, blessées et maisons incendiées à Martissant, où des milliers de personnes ont été contraintes de fuir.

Environ 8 mille 500 femmes et enfants ont été contraints de fuir leurs résidences, en seulement deux semaines, en juin 2021, suite à la nouvelle vague de violence des gangs armés, dans la capitale, Port-au-Prince, a dénombré le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en Haïti.

Les mesures, prises par le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), dont le renforcement des inspections conjointes de la police et des douanes, dans les principaux ports maritimes, ont été largement critiquées et considérées comme des mesures ponctuelles, ne s’inscrivant pas dans un plan général de sécurité publique par plus d’un, rappelle, par ailleurs, le rapport du Binuh.

Il cite aussi le renforcement du contrôle des sociétés de sécurité privées pour endiguer le trafic d’armes et la décision de l’ancien premier ministre Joseph Jouthe d’interdire l’utilisation des vitres teintées sur tous les véhicules ne portant pas de plaques d’immatriculation officielles ou diplomatiques. [mj emb apr 17/06/2021 14:55]