Criminalité : Le Binuh préoccupé par la recrudescence de la violence des gangs armés en Haïti

P-au-P, 14 juin 2021 [AlterPresse] --- Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh) se dit profondément préoccupé par la recrudescence de la violence des gangs sur les populations civiles et leurs biens, dans un tweet consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Tout en lançant un appel au calme, le Binuh exhorte toutes les parties prenantes à cesser les violences et à permettre l’accès à l’aide humanitaire aux populations dans le besoin.

Comme la veille, durant la journée de dimanche 13 juin 2021, de nombreuses détonations d’armes à feu sont encore entendues en divers endroits, dans la capitale, Port-au-Prince, notamment à Martissant (périphérie sud), au bas de Delmas, La Saline (non loin du bord de mer) et à Cité Soleil.

« Des unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti et des agents de la police administrative sont déployés depuis ce matin sur la route de l’aéroport en vue de renforcer la sécurité suite à l’intrusion d’un groupe de bandits dans le showroom d’un des concessionnaires, où des détonations d’armes automatiques ont été entendues », a informé l’institution policière.

Les forces de l’ordre ont procédé à l’évacuation des clients et des employés des maisons de commerce de la place pris au piège par des tirs des bandits.

L’intervention policière a aussi permis la reprise progressive de la circulation sur le boulevard Toussaint Louverture, après avoir repris le contrôle de la situation.

Des affrontements entre des gangs armés rivaux dans la zone de Martissant qui persistent depuis le mardi 1er juin 2021 ont provoqué une paralysie des activités commerciales et autres.

Cette situation a provoqué un exode massif de plusieurs centaines d’habitantes et d’habitants de Martissant, qui ont dû abandonner leurs maisons pour aller se réfugier en différents endroits, particulièrement dans le Sud d’Haïti.

L’organisation internationale Médecins Sans Frontières (Msf) a averti qu’il lui sera difficile de maintenir une continuité de soins tant que les affrontements armés et braquages continueront d’affecter ses structures, ambulances, patients et personnels médicaux, dans un communiqué.

Le système de santé est non seulement mis à rude épreuve par l’insécurité mais aussi par l’augmentation actuelle des cas de Covid-19, le manque de financement et le niveau élevé des besoins médicaux, déplore-t-elle.

Msf alerte également sur une augmentation générale de la violence qui entraverait encore plus l’accès aux soins pour les survivantes de violences sexuelles.

9 postes de police ont été attaqués par des bandits armés, membres de la fédération de gangs dénommée G9 an fanmi ak alye.

A Port-au-Prince, un policier national a été abattu à Drouillard, trois au sous-commissariat de Portail Saint-Joseph, le 5 juin 2021, alors que 4 autres ont été tués dans une brigade d’intervention du commissariat de Port-au-Prince, qui sillonnait la Grand-rue (le Boulevard Jean-Jacques Dessalines), le 6 juin 2021, a enregistré le Réseau national de défense des droits humains.

Le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) doit tout mettre en œuvre pour reprendre les postes de police, sous le contrôle de gangs armés depuis le 5 juin 2021, et redresser la barre de l’institution policière, recommande le Rnddh.

L’institution policière a annoncé avoir pris le contrôle du sous-commissariat de police de Saint-Joseph (au bas de la ville de Port-au-Prince), le dimanche 13 juin 2021, pris en otage par les gangs armés depuis plusieurs jours.

Plusieurs malfrats, membres du gang dénommé krache dife, qui occupaient le sous-commissariat de police, ont été blessés mortellement dans des échanges de tirs avec les unités spécialisées de la Pnh, informe-t-elle.

De telles opérations policières vont être répétées dans les zones prises en otage par des gangs armés, afin de libérer la population des violences des bandits, tente de rassurer la Police nationale d’Haïti.[emb apr 14/06/2021 16 :40]