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Haïti-Crise : La mission de bons offices de l’Oea à Port-au-Prince, a-t-elle été une perte de temps ?

Un risque d’échec, selon le politologue Joseph Harold Pierre
vendredi 11 juin 2021

P-au-P, 10 juin 2021 [AlterPresse] --- La mission de l’Organisation des États américains (Oea) risque d’être un échec si l’objectif tourne principalement autour de l’organisation des élections en 2021, anticipe le politologue Joseph Harold Pierre.

Une délégation de l’Oea est en visite en Haïti pendant trois jours (mardi 8 au jeudi 10 juin 2010) pour faciliter un dialogue entre les différents acteurs, en vue de trouver une solution à la crise politique.

Il est techniquement impossible d’organiser des élections au cours de cette année, encore moins le référendum. « Si la démarche de l’Oea viserait à organiser les élections, ce sera du temps perdu », pense le politologue Joseph Harold Pierre, qui intervenait à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, le mercredi 9 juin 2021.

Le politologue considère que le dialogue devrait nécessairement porter sur la manière de faciliter le départ de Jovenel Moïse au pouvoir, car, au niveau des rapports de force, le gouvernement de facto demeure puissant face aux acteurs politiques.

Cependant, le président Jovenel Moïse ne pourrait pas rester au pouvoir après la date du 7 février 2022. « L’internationale, de son côté, ne va pas accepter que Jovenel Moïse prolonge son mandat au-delà de 2022 », nuance-t-il.

Au regard des partis de l’opposition, la solution à la crise politique actuelle doit passer obligatoirement par la démission du président de facto Jovenel Moïse, a réaffirmé la Direction politique de l’opposition démocratique (Dirpod), face aux ambassadeurs de l’Oea en mission en Haïti.

La délégation l’Oea, dont la mission est de faciliter un dialogue politique, qui permettrait la réalisation d’élections libres et crédibles dans le pays, a rencontré Jovenel Moïse ainsi que des partis et regroupements politiques, autour de la crise en Haïti.

Joseph Harold Pierre a apprécié la démarche technique des acteurs politiques, qui ont accepté d’aller exposer leurs positions techniques devant les ambassadeurs de l’Oea.

Cette démarche, selon lui, permettrait à l’organisation hémisphérique « de voir autrement les acteurs et ce serait une victoire pour la politique d’Haïti au niveau de la communauté internationale ».

Le politologue estime, néanmoins, que l’opposition politique devrait enclencher un processus de dialogue avec le pouvoir en place pour un départ ordonné de Jovenel Moïse.

Dans une déclaration conjointe, publiée le lundi 26 avril 2021, des partis et regroupements politiques de l’opposition avaient souligné combien le dialogue était encore possible entre les protagonistes de la crise.

Ils avaient exigé que le départ ordonné de Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin le 7 février 2021, soit inclus dans cet accord politique.

Il s’agit des partis et regroupements politiques En Avant, Entente nationale pour une transition de rupture (Entente), Forces nationales pour la démocratie (Fnd), le Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (MtvAyiti) et Operasyon tèt ansanm. [mj emb gp apr 10/06/2021 16:10]