Perspectives

Crise : L’organisme de droits humains Fjkl recommande l’utilisation des fonds du référendum reporté, pour renforcer la capacité sanitaire et sécuritaire d’Haïti

Rejet unanime du processus référendaire controversé
mercredi 9 juin 2021

P-au-P, 09 juin 2021 [AlterPresse] --- - Après le report sine dine, dans la soirée du lundi 7 juin 2021, du référendum par le Conseil électoral provisoire (Cep) décrié, l’organisme de droits humains Fondasyon je klere (Fjkl) demande aux autorités de facto d’utiliser les fonds (Ndlr : environ 40 millions de dollars américains ; US $ 1.00 = 100.00 gourdes ; 1 euro = 113.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.70 gourde aujourd’hui), initialement prévus pour cet acte de folie, au renforcement de la capacité sanitaire et sécuritaire du pays, dans une prise de position, en date du mardi 8 juin 2021, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces fonds doivent être aussi utilisés pour supporter les personnes déplacées internes, les victimes de la guerre des gangs armés, qui sèment la terreur, parce que bénéficiant de l’impunité officielle, souhaite la Fjkl.

L’utilisation des fonds, initialement prévus pour le référendum inconstitutionnel et illegal, doit se faire dans la transparence et le respect des règles de la comptabilité publique, exige-t-elle.

Plusieurs structures sanitaires ne cessent point d’alerter combien elles ne disposent pas d’assez d’équipements, dont des lits, oxygène, médicaments, masques, équipements de protection pour le personnel médical, tests de dépistage, vaccins pour répondre aux besoins des malades du Covid-19 (le nouveau coronavirus), rappelle la Fondasyon je klere.

D’autant plus que le personnel médical, composé des infirmières, des médecins, des ambulanciers, des auxiliaires et d’autres agents liés au service de santé, ne sont pas payés ou sont très mal payés.

À cette situation inquiétante, s’ajoute le climat de criminalité, instaurée par des gangs armés qui s’affrontent, faisant des victimes en toute impunité et contraignant les familles des quartiers pauvres à quitter leur espace vital, poursuit la Fjkl.

La Fondasyon je klere s’interroge, en ce sens, sur l’utilisation des fonds alloués au service de renseignements de la Police nationale d’Haïti (Pnh), les fonds budgétisés pour le renforcement de la capacité technique et opérationnelle de la Pnh, la présence des uniformes de la Pnh dans les quartiers généraux des bandits, entre autres.

« Des fonds sont détournés du trésor public, en marge de la loi et sans l’aval de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca) ».

Rejet unanime du référendum controversé

Plusieurs organisations politiques et associations patronales ont catégoriquement rejeté le référendum inconstitutionnel et illégal de Jovenel Moïse.

La mission de l’Organisation des états américains (Oea) ne sera pas capable d’aider Haïti à sortir de la crise actuelle, affirme le parti politique Front patriotique populaire.

L’Oea a contribué à plonger le pays dans la situation actuelle, estime le Front patriotique populaire, qui demande aux partis politiques de décliner l’invitation de l’Oea de participer à un dialogue, en vue d’une issue à la crise.

Ce parti politique fustige l’Oea pour son implication dans l’organisation des dernières élections, jugées frauduleuses, en Haïti.

Tout en rejetant l’invitation de l’Oea, l’organisation politique Inisyativ patriyòt maryen (Ipam) critique la mission de cette organisation regionale, qui serait un acte de diversion, qui viserait, selon elle, à détourner l’attention de la population sur les vrais problèmes du pays.

L’Ipam invite tous les patriotes à faire un geste symbolique pour exprimer leur désaccord avec la mission de l’Oea en visite en Haïti.

Pour sa part, le Secteur démocratique et populaire réaffirme combien il n’entend participer à aucune négociation ni cohabitation avec le président de facto, Jovenel Moïse dont le mandat a expiré depuis le 7 février 2021.

Le Secteur démocratique et populaire continue également de rejeter l’organisation du référendum inconstitutionnel et illégal ainsi que des prochaines élections, prévus, pour cette année 2021.

Des associations patronales ont également appelé le gouvernement de facto à surseoir au projet de référendum inconstitutionnel et illégal, en vue de garantir une concertation inclusive et participative.

Cette réforme constitutionnelle devrait être réalisée dans le cadre des prescrits de la loi mère actuelle, ou, dans le cadre d’un accord politique large, afin de garantir un processus inclusif, consensuel et transparent, estiment ces associations patronales.

Le Cep a annoncé, dans la soirée du 7 juin 2021, l’ajournement sine die du référendum, fixé par le régime de facto pour le 27 juin 2021, afin de remplacer, unilatéralement et en dehors des normes, la Constitution de 1987 en vigueur.

Le Cep, qui s’est préalablement montré entêté, indique, dans un communiqué, avoir pris cette décision, suite au renouvellement de l’état d’urgence sanitaire par l’exécutif.

Il évoque aussi des réunions, tenues avec la Cellule scientifique de gestion de la crise du Covid-19 (le nouveau coronavirus) et le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp). [mj emb rc apr 09/06/2021 12:00]