Perspectives

Haïti-Crise : Le projet de nouvelle Constitution, une trahison et une imposition de Jovenel Moïse, s’insurgent la Copah et l’Aidh


lundi 31 mai 2021

P-au-P, 31 mai 2021 [AlterPresse] --- Le projet de nouvelle Constitution constitue un acte de trahison contre la patrie haïtienne, fustige la Conférence des pasteurs haïtiens (Copah), dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La Copah dénonce la volonté, exprimée par des individus dépourvus de titre, de qualité et de légitimité, pour changer la constitution de 1987 et la remplacer par un document antidémocratique, édicté par des groupes d’intérêts apatrides et anti-haïtiens.

Aucun patriote ne peut ni ne doit cautionner, sous aucune forme, cet acte. Le projet de nouvelle Constitution viserait à garantir l’impunité totale pour des corrompus et des sanguinaires désireux d’échapper à la justice, blâme la Copah.

Les processus référendaire et électoral contestés « tendent d’ailleurs à diviser davantage la nation et à créer plus de tensions sociales et de troubles politiques dans le pays ».

La Conférence des pasteurs haïtiens appelle les citoyennes et citoyens à faire un faisceau, pour faire échec au référendum inconstitutionnel et illégal, et éviter des moments plus pénibles et plus douloureux au pays, que ceux qu’il a connus sous la dictature des Duvalier.

La Copah invite le peuple haïtien, seul souverain, à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition, pour empêcher la tenue de ce référendum inconstitutionnel et illégal, qu’elle qualifie de mascarade programmée.

La population est aussi encouragée à poursuivre la mobilisation pour enterrer définitivement tout projet dictatorial en Haïti.

Pour sa part, exprimant ses vives préoccupations, l’Action internationale pour les droits humains (Aidh) rejette le projet de référendum inconstitutionnel et illégal, que l’administration du président de facto Jovenel Moïse voudrait imposer au peuple haïtien, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

L’Aidh dénonce également le gaspillage d’argent et les pratiques de corruption, qui se cachent derrière ce projet macabre.

« Des millions de dollars américains ont déjà été dépensés pour ce référendum, alors que la majorité de la population n’a pas accès à la sécurité, à l’éducation, à la santé et à l’électricité ».

Ce référendum non transparent, non inclusif et non démocratique n’est pas une priorité pour le moment, rappelle l’Aidh.

Plusieurs secteurs de l’opposition continuent de rejeter le référendum inconstitutionnel et illégal de Jovenel Moïse, dont le mandat a expiré depuis le 7 février 2021, ainsi que l’organisation d’élections avec ce régime de facto du Parti haïtien tèt kale (Phtk).

Dans un tweet, l’un des porte-paroles du Secteur démocratique et populaire, Me. Michel André, a salué l’accueil reçu, lors d’une tournée effectuée, le weekend écoulé, par l’opposition contre le référendum, à Petit-Goâve et à Léogâne (2 municipalites au sud de la capitale, Port-au-Prince).

« Le décret présidentiel du 29 octobre 2020, publié au journal officiel de la république et portant création du Comité consultatif indépendant (Cci) pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution, n’est rien d’autre qu’une flagrante forfaiture », estime l’ancien président Jocelerme Privert (14 février 2016 - 7 février 2017).

« Aucune disposition constitutionnelle et aucun texte de loi ne reconnaît à Jovenel Moïse les compétences de législateur et encore moins de constituant, qu’il s’est octroyées », rappelle Privert, citant l’article 150 de la Constitution, qui stipule que « le président de la république n’a d’autres pouvoirs que ceux que lui attribue la Constitution ».

L’obsession « de conduire un référendum, pour doter le pays d’une nouvelle Constitution, témoigne purement et simplement d’un manque de jugement et rigueur dans la gestion de l’État, et d’un manque de respect de la Constitution et des lois de la république », poursuit-il.

Jovenel Moïse voudrait imposer ce projet de référendum inconstitutionnel et illégal au pays, sans avoir conduit une consultation transparente et inclusive préalable avec les acteurs politiques et les secteurs organisés de la société, quant à son opportunité, critique Jocelerme Privert. [emb rc apr 31/05/2021 14:00]