Perspectives

Haïti-Crise : Le Collectif 4 décembre et le parti "Rasin kan pèp la" saluent les initiatives populaires contre le projet de référendum inconstitutionnel et illégal


lundi 10 mai 2021

P-au-P, 10 mai 2021 [AlterPresse] --- Le Collectif 4 décembre 2013 et le parti politique Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin Kan pèp la) soutiennent la population, qui refuse de cautionner le projet de référendum inconstitutionnel et illégal du président de facto de Jovenel Moise, dans des interviews accordées à l’agence en ligne AlterPresse.

Ce processus référendaire, entamé par le pouvoir en place, risque de déclencher un éclatement dans le pays, anticipe Jean Robert Argant, le coordonnateur du Collectif 4 décembre 2013.

Tout en rappelant l’article 284.3 de la Constitution, interdisant toute procédure référendaire visant à changer la Constitution, Argant souligne combien les Haïtiennes et Haïtiens n’accepteront jamais cette procédure illégale.

Le projet de référendum constitue un gaspillage de temps et de fonds publics, estime le Collectif du 4 décembre 2013.

Ce regroupement de citoyennes et de citoyens appelle la population à continuer à se mobiliser contre le régime de facto en place, qui voudrait changer la Constitution pour satisfaire un petit groupe de gens.

Cette entente avec les groupes de gangs armés, pour obtenir une trêve, ne servira à rien dans cette campagne acharnée pour le référendum inconstitutionnel et illégal, déclare le coordonnateur du Collectif 4 décembre 2013.

Les gangs de Gran Ravin (sur les hauteurs de Martissant) et de Village de Dieu (vers la périphérie sud de Port-au-Prince) auraient observé une pause, a indiqué, au journal Le Nouvelliste, une source proche de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (Cnddr).

Au moins 91 cas de kidnapping (enlèvements et séquestration de personnes) ont été enregistrés pour le mois d’avril 2021, contre 27 pour le mois de mars 2021, soit une augmentation de plus de 300%, avait révélé le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh), dans un bulletin daté du mardi 4 mai 2021.

Le Collectif du 4 décembre 2013 en profite pour déplorer l’influence des groupes armés sur le pouvoir en place, pendant que rien n’est fait pour contrecarrer le climat de terreur, incluant les actes de criminalité, qui sévit dans le pays.

Pour sa part, le parti politique Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin Kan pèp la) dénonce les menaces et les actes d’intimidation, que subissent ses membres à Port-de-Paix (Nord-Ouest), suite au boycottage de la rencontre des membres du Conseil électoral provisoire (Cep) par la population de Jean Rabel.

« Ces menaces ne réussiront pas à installer un climat de terreur. La population restera toujours en éveil », rassure Camille Chalmers, porte-parole de Rasin Kan pèp la.

Le projet de référendum inconstitutionnel et illégal du président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin depuis le 7 février 2021, a essuyé son premier échec dans la commune de Jean Rabel, dans le département du Nord-Ouest.

Une délégation du Conseil électoral provisoire (Cep) contesté a été contrainte de laisser la ville de Jean Rabel, dans moins de 24 heures, après une tentative visant à organiser, le mardi 4 mai 2021, une campagne de sensibilisation autour du projet de référendum, interdit par la Constitution.

Les actions de boycott contre le référendum inconstitutionnel et illégal du régime de facto s’étendent désormais à plusieurs départements géographiques d’Haïti.

Après l’échec, essuyé par une délégation du Conseil électoral provisoire, pour essayer de faire la promotion de son référendum inconstitutionnel, dans le département du Nord-Ouest, les populations de Hinche (Plateau central) et de Ouanaminthe (Nord-Est) se sont également soulevées, les dimanche 9 mai et samedi 8 mai 2021, contre la présence de représentants de l’institution électorale, qui tentaient de sensibiliser autour de ce projet.

Diverses organisations, notamment politiques, continuent de dénoncer le projet de référendum du président de facto Jovenel Moïse et les prochaines élections, prévus en juin et septembre 2021, dans un contexte de criminalité, incluant beaucoup de cas de kidnapping, dans le pays.

L’un des grands enjeux de la conjoncture, c’est une lutte pour la récupération de la souveraineté nationale et la construction d’une vraie souveraineté populaire, signale le parti politique Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin Kan pèp la). [dj emb rc apr 10/05/2021 17:30]