Español English French Kwéyol

Refoulement régulier de ressortissants dominicains au poste frontalier de Malpasse

P-au-P., 7 nov.02 [AlterPresse]--- Environ une vingtaine de
ressortissants de la République Dominicaine seraient refoulées toutes
les semaines par les autorités du poste frontalier de Malpasse, a appris
ce 7 novembre AlterPresse.

"Nous remettons quotidiennement aux autorités dominicaines entre trois à 
cinq ressortissants, pour la plupart des femmes, qui traversent la
frontière, munies de passeports sans visas", a indiqué à AlterPresse un
officier d’immigration qui a voulu garder l’anonymat.

Le 4 novembre dernier, elles étaient 6 dominicaines sans papiers à être
refoulées dans leur pays d’origine. Généralement, l’immigration
haïtienne transmet les personnes concernées au commissariat de police de
Malpasse, lequel se charge d’emmener les sans papiers à Malpaso, de l’
autre côté de la frontière.

Ce phénomène est relativement nouveau dans le chapitre des relations
haïtiano-dominicaines, car on avait tendance à évoquer jusqu’à présent
un ensemble de cas de compatriotes sans papiers qui tentent de traverser
la frontière en vue de trouver des emplois de l’autre côté.

Il faut noter qu’après les critiques émises par des organisations
haïtiennes oeuvrant dans la zone frontalière, certaines améliorations
ont été observées au niveau des différentes institutions haïtiennes qui
se partagent le contrôle du poste frontalier de Malpasse / Malpaso, non
loin de Jimani : immigration, douane, police.

Le cadre physique d’accueil est en train d’être rénové, des travaux d’
assainissement sont opérés, la peinture est partiellement refaite, des
poubelles sont installées à l’entrée du poste frontalier et un parking
est en train d’être aménagé près du Lac Azuei. De même, la TELECO vient
d’installer des téléphones publics et des téléphones à l’administration
du poste frontalier. En outre, il y a une présence policière plus
sensible, notamment d’agents
spéciaux et de garde-côtes. De temps à autre, des patrouilles de
garde-côtes haïtiens sont constatées sur le Lac Azuei.

Il n’empêche qu’il manque encore des interventions pertinentes au delà 
de la barrière de contrôle du côté haïtien. L’ambiguité qui persiste,
fait qu’on ne sait pas s’il s’agit d’un veritable "no man’s land" ou
d’un prolongement de l’espace habitable haïtien. De toute façon, un
bidonville paraît être en formation et, depuis plusieurs années, s’y est
installé un marché informel d’ustensiles de cuisine, de boissons
alcoolisées et de nourriture. Les vendeuses viennent en général de Fonds
Parisien, section communale de Ganthier, dernière localité avant
Malpasse.

D’autre part, des taxes informelles continuent à être perçues à la
discrétion de certaines autorités sur place, sans que les voyageurs ne
sachent exactement les lois y afférentes ni la destination de tels
prélèvements.

A propos de frontière haïtiano-dominicaine, les taxes perçues du côté
dominicain diffèrent d’un poste frontalier à l’autre : un voyageur qui
laisse Haïti paye 10 dollars américains à l’immigration dominicaine de
Malpaso, tandis qu’il payera 15 dollars américains à l’immigration
dominicaine de Dajabon (du côté de Ouanaminthe, dans le nord).

Les autorités haïtiennes et dominicaines n’ont encore annoncé aucune
disposition là -dessus. Rien n’a encore été dit non plus sur les nombreux
cas de compatriotes dont les visas obtenus l’année dernière au consulat
dominicain ont été déclarés "falsifiés" par les autorités dominicaines.
Cependant, les responsables dominicains ont récemment apporté des
changements notables en ce qui concerne l’accueil des demandeurs de
visas dominicains auprès du consulat de la République Dominicaine à 
Pétionville (Est de la capitale).

De temps à autre, les Haïtiens vivant dans les zones frontalières
entreprennent, avec succès, des mouvements de protestation pour porter
les autorités dominicaines à adopter d’autres dispositions plus souples
pour le passage en territoire voisin. [rc apr 07/11/02 14:30]