L’Ajh et les Nations unies appellent à garantir l’accès à l’information en Haïti

P-au-P, 03 mai 2021 [AlterPresse] --- A l’occasion de la 28e édition, ce lundi 3 mai 2021, de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Association des journalistes haïtiens (Ajh) et les Nations unies (Onu), à travers l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), demandent à toutes et à tous, particulièrement les autorités politiques, de garantir l’accès à l’information en Haïti, indiquent-elles dans des notes séparées, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le thème de l’année 2021, « l’information comme bien public », est assimilé par l’Ajh, citant l’Unesco, à un appel au renouvellement et à l’engagement en faveur de la liberté d’expression, de la presse et de l’information.

Il n’y a, jusqu’ici, aucun texte pouvant garantir le libre accès à l’information. Cette question n’a pas été abordée, ni lors de la dernière tentative d’amender la Constitution, ni dans le processus de réforme en cours, en dépit des engagements de l’État, déplore l’Association des journalistes haïtiens.

« L’absence de libre accès à l’information est un des éléments de blocage à la pleine jouissance de la liberté de la presse en Haïti ».

Alors qu’elle occupait la 83e place en 2020, la république d’Haïti a rétrogradé à la 87e place, dans le classement mondial 2021 de la liberté de la presse, établi par Reporters Sans Frontières (Rsf).

« Cette situation devrait interpeller toutes les actrices et tous les acteurs, afin que l’accès à l’information, comme droit fondamental, puisse contribuer pleinement à renforcer la démocratie », soulignent les Nations unies.

Les Nations unies disent encourager le développement de structures organisées et de médias plus responsables en Haïti, tout en invitant les autorités à mettre en œuvre les recommandations dans le cadre de l’Examen périodique universel (Epu) et du Comité des droits humains, par rapport aux droits à l’information et à la liberté de la presse en Haïti.

La journée mondiale de la liberté de la presse, ce lundi 3 mai 2021, a lieu dans un contexte difficile et assez particulier, marqué, en Haïti, par le phénomène de la désinformation et une multiplication des discours haineux, soulignent les Nations unies.

L’Association des journalistes haïtiens relevè, de son côté, un contexte, caractérisé par l’impunité sur les attaques, agressions faites contre les journalistes, ainsi que des cas d’assassinats, qui empêchent les journalistes et les médias de travailler librement.

En 2021, plusieurs journalistes, dont Réginald Rémy de Radio Caraïbes, Alvarez Destiné d’ « Actualité locale TV » (Altv), Reynald Petit-Frère de Signal FM, ont été agressés dans l’exercice de leur fonction, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), lors de mobilisations populaires. Un véhicule de la Radio Télévision Pacific a été également attaqué à coup de gaz lacrymogènes.

Le jeudi 28 janvier 2021, ils étaient plusieurs dizaines de journalistes à marcher dans les rues de Port-au-Prince, pour protester contre ces brutalités policières, commises contre des confrères et consœurs.

« Souvent, des gangs se déguisent en manifestants et en journalistes, pour attaquer nos policiers en service », a osé déclarer, le lundi 22 février 2021, le président de facto Jovenel Moïse, lors d’une intervention au conseil de sécurité des Nations unies.

Une déclaration, qui a été fortement dénoncée par différentes associations de médias et de journalistes, qui estiment que ces propos ne font qu’exposer les journalistes à toutes formes d’attaques et d’agressions. [mj rc apr 03/05/2021 12:46]