Perspectives

Crise : Le gouvernement de facto toujours à la recherche des bonnes grâces de l’Oea pour ses projets inconstitutionnels et illégaux en Haïti


vendredi 30 avril 2021

P-au-P, 30 avril 2021 [AlterPresse] --- A travers le Ministère des affaires étrangères et des cultes (Maec), le gouvernement de facto déclare être disposé à accueillir une mission de l’Organisation des États américains (Oea), en appui à un éventuel dialogue politique avec des protagonistes dans la vie nationale, dans une correspondance adressée à l’Uruguayen Luis Almagro Lemes, secrétaire général de l’Oea, et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ce dialogue devrait permettre de conclure un accord politique, susceptible de faciliter l’organisation du référendum, inconstitutionnel et illégal, rejeté par les forces vives du pays, et des élections irrégulières à tous les niveaux au cours de l’année 2021, suivant le calendrier établi à cette fin, selon le régime de facto.

Malgré les multiples contestations populaires et dénonciations de son incompétence caractérisée, le régime de facto en Haïti voudrait se renouveler au pouvoir, par des mises en places violentes au 7 février 2022, alors que l’opposition ne jure que par le départ du président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin depuis le 7 février 2021.

Il y a, en Haïti, l’absence d’un accord politique, qui permettrait la mise en œuvre d’un calendrier électoral dans un climat propice, avait souligné le Core Group [1], dans un communiqué.

« La responsabilité d’organiser le processus électoral en souffrance revient, en premier lieu, aux autorités nationales, qui doivent traiter les questions essentielles de sécurité, de transparence et de logistique », relève le Core group.

« Le Core Group réaffirme notre préoccupation commune, concernant la situation sécuritaire et l’absence d’accord politique qui permettrait des élections en 2021. Les parties prenantes doivent se réunir maintenant, pour renforcer la sécurité et s’accorder sur une voie électorale à suivre », a affirmé l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Haïti, dans un tweet publié ce vendredi 30 avril 2021.

« Il n’y aura pas de sortie de crise sans Joseph Mécène Jean Louis, choisi, le 7 février 2021, par l’opposition et la société civile pour diriger la transition », fait valoir, dans un tweet, l’un des portes paroles du Secteur démocratique et populaire, Michel André.

Le Secteur démocratique et populaire rejette toute négociation et cohabitation avec le président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a expiré depuis le 7 février 2021.

« Aucun accord politique n’est possible avec un président, dont le mandat est expiré. Toute élection, organisée par l’administration Moïse, de quelque nature que ce soit, est entachée d’inconstitutionnalité et d’illégalité », renchérit le Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod), dans une note.

La présence du président de facto à la tête du pays encourage le crime, le banditisme, le kidnapping et l’impunité, fustige le Mopod.

En conférence de presse, le jeudi 29 avril 2021, le Secteur démocratique et populaire a applaudi la position des 68 membres du Congrès américain, qui ont recommandé au secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, de ne « fournir aucun soutien, financier ou technique, pour faciliter le référendum constitutionnel, proposé par Jovenel Moïse, y compris par le biais d’institutions multilatérales ».

L’administration Moïse manque de crédibilité et de légitimité pour superviser le référendum, prévu pour le mois de juin 2021, ou pour administrer des élections libres et équitables, estiment les parlementaires américains.

Dans un communiqué, en date du 27 avril 2921, l’ambassade de la république d’Haïti à Washington se dit préoccupée par le fait que certains membres du Congrès américain, « contrairement à la Charte démocratique interaméricaine », ont appelé à un changement de régime, pour remplacer Jovenel Moïse, qu’elle considère comme « président démocratiquement élu », malgré son usurpation de titre et la confiscation du pouvoir politique depuis le 7 février 2021.

Les recommandations du président de la Commission des affaires étrangères de la chambre des représentants des États-Unis d’Amérique, Gregory Meeks, demandant une réévaluation de la politique américaine en Haïti, constituent une violation de la charte démocratique interaméricaine, selon l’ambassade de la république d’Haïti à Washington.

Le pouvoir de facto en place projetterait de puiser dans les ressources du trésor de la république d’Haïti, pour financer l’organisation du référendum controversé de Jovenel Moïse, prévu pour le 27 juin 2021, a même laissé entendre son conseiller Patrick Crispin, qui n’a fait nullement mention de fonds déposés, par le gouvernement de facto, au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) pour la réalisation du referendum inconstitutionnel et illégal. [mj emb rc apr 30/04/2021 15:45]

[1Le Core Group est composé des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union européenne, du représentant spécial de l’Organisation des États américains et de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies.