Dépêches

La Direction politique de l’opposition démocratique espère une solution durable à la crise en Haïti


jeudi 29 avril 2021

P-au-P, 29 avril 2021 [AlterPresse] --- La Direction politique de l’opposition démocratique (Dirpod) declare souhaiter une solution durable à la crise politique, qui menace de saper les fondements mêmes de la nation, dans une correspondance adressée à l’Organisation des États américains (Oea), dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La Dirpod partage l’avis de plusieurs partis politiques, qui estiment qu’il est encore possible d’aboutir à un départ ordonné du président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin depuis le 7 février 2021.

En ce sens, elle se dit prête à participer à toutes initiatives, pouvant conduire à une résolution pacifique de la crise haïtienne, dans les limites de la Constitution haïtienne, en prenant en considération les revendications légitimes de la population haïtienne.

Cinq partis et regroupements politiques de l’opposition encouragent un accord politique inclusif, entre les protagonistes de la crise, incluant nécessairement le départ ordonné du président de facto, Jovenel Moïse.

Cette entente devrait permettre de mettre en place un gouvernement d’union nationale et d’organiser des élections honnêtes, transparentes et crédibles, dans un délai techniquement possible et un climat de sécurité.

Pour leur part, 68 membres du Congrès américain ont exhorté le département d’État américain à indiquer clairement combien les États-Unis d’Amérique « ne fourniront aucun soutien, financier ou technique, pour faciliter le référendum constitutionnel » proposé par Jovenel Moïse, y compris par le biais d’institutions multilatérales, dans une lettre, en date du 26 avril 2021, adressée au secrétaire du département d’État, Antony Blinken.

« L’administration Moïse manque de crédibilité et de légitimité, pour superviser un référendum constitutionnel, prévu en juin 2021, ou pour administrer des élections libres et équitables. La réforme constitutionnelle proposée, que les juristes considèrent comme inconstitutionnelle, concentrerait davantage le pouvoir exécutif », lit-on dans la correspondance.

« Le Département d’État devrait plutôt se concentrer sur les problèmes de légitimité démocratique sous-jacents, identifiés par la société civile haïtienne, et soutenir un processus de changement, mené par Haïti ».

Dans un communiqué en date du 27 avril 2921, l’ambassade de la république d’Haïti à Washington se dit préoccupée par le fait que certains membres du Congrès américain ont appelé à un changement de régime, pour remplacer le président démocratiquement élu de la république d’Haïti, contrairement à la Charte démocratique interaméricaine.

Les recommandations du président de la Commission des affaires étrangères de la chambre des représentants des États-Unis d’Amérique, Gregory Meeks, demandant une réévaluation de la politique américaine en Haïti, constituent une violation de la charte démocratique interaméricaine, critique-elle.

Jovenel Moïse demeure attaché aux élections et à la transition démocratique du pouvoir en février 2022, poursuit-elle.

Pour sa part, le Core Group avait exprimé ses vives préoccupations face à l’absence d’un accord politique, qui permettrait, dit-il, « la mise en œuvre d’un calendrier électoral dans un climat propice », dans un communiqué.

Le Core Group dit souhaiter que 2021 « soit une année de renouveau démocratique en Haïti, avec la tenue d’élections libres, justes, transparentes et crédibles ». [emb rc apr 29/04/2021 13:10]