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Haïti-Crise : Cinq partis politiques de l’opposition souhaitent un accord politique inclusif, en vue d’un départ ordonné de Jovenel Moïse


mercredi 28 avril 2021

P-au-P, 28 avril 2021 [AlterPresse] --- Il est encore possible de trouver un accord politique entre les protagonistes de la crise, incluant nécessairement le départ ordonné du président de facto, Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin depuis le dimanche 7 février 2021, estiment des partis et regroupements politiques de l’opposition, dans une déclaration conjointe dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Cette entente devrait permettre de mettre en place un gouvernement d’union nationale et d’organiser des élections honnêtes, transparentes et crédibles, dans un délai techniquement possible et un climat de sécurité.

C’est ce que souhaitent les partis et regroupements politiques « Mouvement en avant », Entente nationale pour une transition de rupture (Entente), les Forces nationales pour la démocratie (Fnd) et le Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (Mtv Ayiti)

Dans une lettre, en date du 26 avril 2021, adressée au secrétaire du département d’État, Antony Blinken, 68 membres du Congrès américain ont mis en garde contre la tenue d’élections parlementaires, locales et présidentielles, prévues pour l’automne 2021, qui pourraient augmenter considérablement le risque de violence dans tout le pays.

Jovenel Moïse fonce tête baissée dans le processus d’organisation d’un référendum et d’élections, jugés illégaux et inconstitutionnels, même après le refus des partis politiques de dialoguer avec lui.

Une démarche de dialogue, initiée par la plateforme interreligieuse Religions pour la paix, a piteusement échoué, en raison de l’intransigeance des secteurs de s’asseoir sur une table avec le président de facto, dont le mandat a expiré depuis le 7 février 2021.

Les cinq partis politiques de l’opposition déclarent avoir pris note de la résolution 1168 du Conseil permanent de l’Organisation des États américains (Oea), constatant, avec justesse, les violations de la Constitution, la non-tenue des élections régulières pour renouveler démocratiquement le personnel politique, la gouvernance abusive par décrets, les violations systématiques des droits humains ainsi que la dégradation accélérée de l’environnement sécuritaire, qui a plongé la société haïtienne dans l’angoisse et la peur.

Les prises de position du Conseil de sécurité des Nations unies le 24 mars 2021, du Haut représentant de l’Union Européenne l’Espagnol Josep Borell, de la secrétaire générale de la Francophonie la Rwandaise Louise Mushikiwabo et du Core Group, témoignent combien la communauté internationale est consciente des dangers, qui planent sur le pays, interprètent ces 5 partis et regroupements politiques.

Ces prises de position rejoignent celles, exprimées, depuis plusieurs mois, par tous les secteurs vitaux de la vie nationale, qui considèrent combien la population est à but de souffle.

Le Core Group a exprimé ses vives préoccupations face à l’absence d’un accord politique, qui permettrait, dit-il, « la mise en œuvre d’un calendrier électoral dans un climat propice », dans un communiqué. [mff emb rc 28/04/2021 15:55]