Perspectives

Haïti-Crise : Le Core Group préoccupé face à l’absence d’un accord politique, pour la tenue des prochaines élections


mardi 27 avril 2021

P-au-P, 27 avril 2021 [AlterPresse] --- Le Core Group [1] exprime ses vives préoccupations face à l’absence d’un accord politique, qui permettrait, dit-il, « la mise en œuvre d’un calendrier électoral dans un climat propice », dans un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le Core Group dit souhaiter que 2021 « soit une année de renouveau démocratique en Haïti, avec la tenue d’élections libres, justes, transparentes et crédibles ».

« La responsabilité d’organiser le processus électoral en souffrance revient, en premier lieu, aux autorités nationales, qui doivent traiter les questions essentielles de sécurité, de transparence et de logistique ».

Toutes les parties prenantes doivent faire preuve de bonne foi et redoubler d’efforts, pour trouver un accord politique, qui facilitera la tenue de telles élections dans les délais les plus brefs, encourage le Core Group.

Le premier tour des élections générales en Haïti a été fixé au 19 septembre 2021, suivant un calendrier électoral controversé, rejeté par la plupart des partis politiques.

Les élections parlementaires, locales et présidentielles, prévues pour l’automne 2021, pourraient augmenter considérablement le risque de violence dans tout le pays, ont prévenu 68 membres du Congrès américain, dans une lettre, en date du 26 avril 2021, adressée au secrétaire du département d’État, Antony Blinken.

Ces 68 membres du Congrès étasunien ont aussi exhorté le département d’État américain à indiquer clairement combien les États-Unis d’Amérique « ne fourniront aucun soutien, financier ou technique, pour faciliter le référendum constitutionnel » proposé par Jovenel Moïse, y compris par le biais d’institutions multilatérales.

Ces 68 membres du Congrès étasunien ont appelé le département d’État à garantir que l’argent des contribuables américains ne soit pas dépensé pour soutenir ce référendum, non prévu par la Constitution de 1987.

Plusieurs organisations haïtiennes ont rejeté le projet d’organiser un référendum illégal et inconstitutionnel ainsi que des élections dans le pays, avec un Conseil électoral provisoire (Cep) décrié, dans un contexte d’insécurité généralisée.

Sur diktat des Nations unies, le gouvernement de facto a été contraint de reporter, au 27 juin 2021, le référendum pour une nouvelle Constitution, initialement prévu pour le dimanche 25 avril 2021.

Le processus de changement de Constitution n’est pas à « ce stade suffisamment inclusif, participatif ou transparent », souligne le Core Group, estimant qu’une telle réforme devrait se dérouler sur la base d’une large consultation, qui implique l’ensemble des forces vives de la nation.

« Il est crucial que l’année 2021 permette aux Haïtiennes et Haïtiens d’exprimer leur volonté par la voie démocratique, en exerçant leur droit de vote ».

Le Core group déclare appeler tous les protagonistes politiques à mettre leurs différends de côté, afin de trouver, sans tarder, une solution commune à la crise actuelle, notamment l’insécurité qui pèse très lourdement sur la vie quotidienne des Haïtiennes et Haïtiens.

Une démarche de dialogue, initiée par la plateforme interreligieuse Religions pour la paix, a été abandonnée, à cause du refus des partis politiques de l’opposition de discuter avec le président de facto, Jovenel Moïse, dont le mandat a expiré depuis le dimanche 7 février 2021. [emb rc apr 27/04/2021 10 :35]

[1Le Core Group est composé des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union européenne, du représentant spécial de l’Organisation des États américains et de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies.