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Politique : La République Dominicaine sollicite l’aide de la communauté internationale, pour faire face aux impacts de la crise en Haïti


lundi 19 avril 2021

P-au-P, 19 avril 2021 [AlterPresse] --- Le président dominicain, Luis Rodolfo Abinader Corona, a demandé, ce lundi 19 avril 2021, à la communauté internationale de ne pas laisser son pays seul face à la crise sociopolitique, notamment l’insécurité, qui prévaut en Haïti, une république plongée dans ce qu’il appelle une « somalisation », dans un entretien avec la présidente de l’agence Efe, Gabriela Cañas, à Madrid, rapporte le site dominicain Listin Diario, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

« La communauté internationale ne doit pas nous laisser seuls. Il est bon que l’Europe soit consciente de la situation, dans laquelle se trouve actuellement Haïti », a-t-il déclaré.

En Haïti, la situation socioéconomique et politique continue de se dégrader. Les actes d’assassinats et d’enlèvements contre rançons se multiplient dans le pays, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Le régime de facto en place poursuit son entêtement à organiser un référendum pour une nouvelle Constitution et des élections, de manière unilatérale et inconstitutionnelle, ont jugé plusieurs organisations politiques et de la société civile en Haïti.

Récemment, le gouvernement de la République Dominicaine s’est dit préoccupé par les difficultés, pour le gouvernement haïtien, à respecter les calendriers électoraux proposés, à travers un communiqué lu par le titulaire du Ministère dominicain des affaires étrangères, Roberto Álvarez.

La première difficulté réside dans « le manque de dialogue entre les principaux acteurs, appelés à participer aux différents processus électoraux », ont noté les autorités dominicaines.

La deuxième difficulté est aussi due à la grande lenteur, avec laquelle l’inscription et l’identification des électrices et électeurs sont effectuées.

Le président dominicain a continué de défendre la construction d’une clôture le long de la ligne frontalière avec Haïti.

« La clôture n’est pas une politique d’immigration. C’est une question de sécurité des citoyennes et citoyens. La plupart des vols de véhicules en République Dominicaine vont en Haïti, où la situation d’insécurité et d’enlèvements est dramatique », explique-t-il.

Luis Abinader précise que des capteurs de mouvement, des caméras de reconnaissance faciale, des radars et des systèmes à rayons infrarouges seront placés sur cette clôture, soulignant la responsabilité de son gouvernement à assurer la sécurité des Dominicaines et Dominicains.

Dans une lettre ouverte adressée au président dominicain, Luis Rodolfo Abinader Corona, le mercredi 17 mars 2021, près de 200 institutions, dont des organisations de défense des droits humains, des centres universitaires, des associations de la société civile, des médias et autres groupes, majoritairement basés sur le continent américain (dont Haïti), ainsi que de nombreuses personnes lui ont demandé de reconsidérer sa décision « de construire un mur entre les deux pays ».

Ces organisations ont jugé « inacceptable la construction de murs frontaliers dans notre région », tout en étant conscientes des problèmes économiques, sociaux, humanitaires et crise politique récurrente en Haïti qui ont également un impact majeur, en termes de mobilité humaine sur la République Dominicaine. [mj emb rc apr 19/04/2021 16:25]