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73 enfants et femmes victimes de la violence des gangs en Haïti, depuis le dernier trimestre de 2020, selon l’Unicef

« Il faut mettre fin à la violence des gangs », déclare Jean Gough, directeur régional de l’Unicef pour l’Amérique Latine et les Caraïbes
vendredi 16 avril 2021

Communiqué du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en date du 15 avril 2021

Transmis à AlterPresse

Depuis le dernier trimestre de 2020, 73 enfants et femmes en Haïti ont été ciblés par la violence des gangs, a averti aujourd’hui l’Unicef.

Entre septembre 2020 et février 2021, le nombre d’enfants et de femmes, victimes d’agressions armées, qui auraient été attribuées à des gangs criminels, a considérablement augmenté en Haïti, passant de 45 à 73 lors de plusieurs incidents, notamment des meurtres, des blessures, des viols et des enlèvements, selon les Nations unies. Cela représente une augmentation de 62 % par rapport au rapport précédent de septembre 2020.

« Les enfants et les femmes en Haïti ne sont plus simplement les victimes de gangs criminels — ils deviennent de plus en plus leurs cibles », prévient Jean Gough, directeur régional de l’Unicef pour l’Amérique Latine et les Caraïbes.

« Qu’il s’agisse d’enlèvements, de viols ou même de meurtres, de plus en plus d’incidents de violence des gangs ont impliqué des enfants et des femmes au cours des dernières semaines et des derniers mois. Cette récente recrudescence alimente l’insécurité dans ce pays « pauvre ».

Selon la Brigade haïtienne pour la protection des mineurs (Bpm), au moins 31 enfants ont été enlevés entre 2020 et 2021.

Il y a quelques jours à peine, un groupe d’hommes armés se sont introduits dans un orphelinat et ont violé deux filles âgées de 13 et 14 ans et une femme de 27 ans dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince. Cet incident a laissé 36 filles et garçons traumatisés. En collaboration avec l’autorité haïtienne pour la protection de l’enfance, l’Institut du bien-être social et de recherches (Ibesr), et des Ong partenaires, l’Unicef a fourni des soins médicaux et psychosociaux immédiats aux victimes et aux autres garçons et filles de l’orphelinat. L’Unicef condamne fermement cet acte ignoble, exige que les auteurs soient traduits en justice et appelle les autorités haïtiennes à intensifier leurs efforts pour remplacer les orphelinats par d’autres options de soins familiaux.

L’insécurité en Haïti perturbe de plus en plus la prestation des services d’éducation et d’autres services de base pour les enfants. Au cours de l’année scolaire 2019-2020, environ 60 % de toutes les écoles haïtiennes ont été fermées pendant 60 jours en raison de violents troubles sociaux. Cette année, la violence et l’insécurité croissantes des gangs ont empêché de nombreux enfants d’aller à l’école dans plusieurs zones urbaines de Port-au-Prince et dans les environs.

« La violence dans les communautés est inacceptable », a déclaré Jean Gough.

« Il faut mettre fin à la violence des gangs. Semaine après semaine, en Haïti, les gangs criminels répandent la terreur et la peur sur un plus grand nombre de familles et de communautés. La sécurité des enfants devrait être la priorité principale du nouveau gouvernement haïtien ».

L’Unicef exhorte tous les acteurs à s’abstenir de cibler les enfants et les femmes, et presse le nouveau gouvernement haïtien de prendre des mesures pour limiter la violence des gangs contre les enfants.

En décembre dernier, l’Unicef a lancé un appel d’urgence de 75 millions de dollars afin de fournir une aide humanitaire, incluant en éducation formelle et non formelle, soins de santé, eau potable, et services de protection de l’enfance et de protection sociale, à 2 millions de personnes en Haïti, dont 1,2 million d’enfants. Jusqu’à présent, seulement 0.001 % a été collecté.