Haïti-Criminalité : 3 journées de deuil national à la mémoire des 6 policiers nationaux assassinés à Village de Dieu

P-au-P, 15 mars 2021 [AlterPresse] --- Le secrétariat général de la présidence de facto déclare trois journées de deuil national, allant du lundi 15 au mercredi 17 mars 2021, sur toute l’étendue du territoire, à la mémoire des six (6) policiers nationaux, assassinés, le vendredi 12 mars 2021, lors d’une opération ratée dans le quartier de Village de Dieu (vers le sud de la capitale, Port-au-Prince), apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Les drapeaux seront mis en berne sur tous les édifices publics pour honorer la mémoire des 6 policiers nationaux (Stanley Eugène, Ariel Poulard, Georges Renoit, Georges Vivender Alexis, Wislet Désilus, Lucdor Pierre décédé de ses blessures à l’hôpital), tués lors de cette opération policière, souligne une note de presse, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Cette intervention de l’institution policière visait à rétablir l’ordre, assurer la sécurité des vies et des biens de nos compatriotes, combattre la criminalité et le kidnapping, selon la note.

Ces policiers sont issus des unités de police, dénommées Groupe d’intervention de la Police nationale d’Haïti (Gipnh) connu sous le nom de « Special weapon and tactic » (Swat) et Brigade d’opération et d’intervention départementale (Boid).

Le président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat constitutionnel a pris fin depuis le dimanche 7 février 2021, indique avoir sollicité, de l’Organisation des États américains (Oea), dans un entretien avec le secrétaire général de l’Oea, l’Uruguayen Luis Almagro, un support technique à la Police nationale d’Haïti (Pnh), afin de lutter efficacement contre le banditisme et le terrorisme, dans un tweet publié le lundi 15 mars 2021.

Les membres du Conseil supérieur de la Police nationale (Cspn) se sont réunis pour faire la lumière sur l’opération policière ratée du 12 mars 2021, à Village de Dieu, et fixer les responsabilités de tout un chacun, dans un rapport d’enquête, selon un tweet, en date du 14 mars 2021, du premier ministre de facto Joseph Jouthe.

Se match foutbòl nou t al jwe, nou pran gòl (« Nous avons encaissé des buts, dans le match de football que nous sommes allés jouer »), n’a eu aucun scrupule à déclarer Joseph Jouthe, sur l’assassinat macabre des policiers nationaux, le 12 mars 2021, à Village de Dieu.

« C’est une obligation de rendre compte de ce qui s’est passé et de fixer les responsabilités de tous à travers un rapport d’enquête, pendant que nous prenions toutes les dispositions pour sécuriser la population ».

De son côté, Léon Charles, le directeur général ad intérim de la Police nationale d’Haïti (Pnh) réaffirme la volonté de la Pnh de ne pas baisser les bras devant les bandits et de continuer à protéger la population, dans un point de presse, le samedi 13 mars 2021, plis de 24 heures après la tragédie à Village de Dieu.

Les corps des policiers nationaux ainsi que des matériels, notamment un blindé, sont restés sur les lieux, à Village de Dieu.

Les familles réclament les corps des victimes

Le lendemain de cette opération, qui a provoqué la mort de six policiers nationaux et suscité l’émoi chez la population, particulièrement sur les réseaux sociaux, les parents des victimes ont demandé aux autorités de récupérer les corps lynchés par les membres du gang de Village de Dieu.

« J’ai laissé un message à mon fils à 6:00 am (11:00 gmt). Jusqu’à maintenant, il ne m’a pas répondu. Je viens ici pour demander secours. S’il vous plaît, Jovenel Moïse, allez chercher le corps de mon fils, qui est entre les mains de Izo (le chef du gang). Je n’en veux pas plus, ne serait-ce que les restes du corps, pour pouvoir l’enterrer », souhaite la mère éplorée de l’agent Swat, Wislet Désilus.

Après avoir tué et lynché 5 policiers nationaux dans leur fief, le vendredi 12 mars 2021, le chef du gang Izo 5 segonn a fait savoir, dans un message vocal sur les réseaux sociaux, que son gang alllait se charger des funérailles des policiers victimes.

En raison des contraintes d’ordre « mystique », Izo 5 segonn affirme qu’il ne peut pas remettre les cadavres, ou ce qu’il en reste des cadavres des policiers, à leurs familles.

Le chef de gang a ajouté qu’il se serait déjà procuré des cercueils pour pouvoir les enterrer et non les brûler. [mj emb rc apr 15/03/2021 15:50]