Documents

Madeleine Féquière, née en Haïti, une image de marque dans la finance internationale


dimanche 21 février 2021

Par Max Dorismond

Soumis à AlterPresse le 19 février 2021

Ces fleurs, semées aux pieds de ceux qui ont réussi en diaspora, doivent être considérées par nos jeunes comme une valorisation permanente de l’école, un refus global de l’échec et de l’abandon, un maillon essentiel à leur avancement. Car le décrochage scolaire est un passeport direct vers la précarité. Il chagrine les parents qui ont voyagé par monts et par vaux pour leur offrir ce qu’il y a de meilleur sur terre : la connaissance.

Ce titre n’est pas une métaphore, c’est la pure réalité. Ce n’est pas l’étoile de Bethléem, mais c’est notre p’tite étoile à nous. Tous les « Chasseurs de têtes [1] internationaux  » caressent ce nom dans leur agenda. C’est de l’or en barre. En effet, sans surprise, les directions des grandes entreprises se l’arrachent. Dans le cadre du « Mois de l’Histoire des Noirs », voilà un « succes story », un exemple de réussite, à proposer à nos jeunes.

Imaginez simplement 600 millions de dollars, un six et huit zéros à placer entre les mains d’une svelte dame, mince, élégante, sans briser la baraque. Souriante, simple [2] et calme, la ravissante Madeleine Féquière peut facilement passer inaperçue. Discrète comme pas une et toujours en contrôle, sûre d’elle-même, vous n’auriez jamais imaginé qu’elle porte sur ses frêles épaules, cette masse de fric en tant que « Chef du Crédit d’Entreprise chez Domtar », une entité multinationale. Elle assure la surveillance et le soutien du risque d’un portefeuille de 600M$ à l’échelle mondiale », supervisant 7 équipes de 50 personnes.

En effet, c’est son contrat actuel. Elle en a vu d’autres. Antérieurement, elle a été cadre des sociétés suivantes : Abitibi/Bowater, Microsoft/Softimage, Téléglobe, Foxboro et Archer Daniels Midland. J’aurais aimé vous parler d’elle en long et en large, mais il y en aurait trop à conter. Sa feuille de route est trop riche. Je dois me résoudre à vous résumer son parcours.

Elle a relevé de multiples défis. Elle est très en demande. On se l’arrache sur tous les plateaux. Conférencière chevronnée et respectée dans son champ d’expertise, toutes les organisations de gestion de risque veulent entendre ce qu’elle a à dire au sujet des investissements internationaux. On la retrouve devant les cadres de la « International Credit Trade Finance » (ICTF), qui se délectent religieusement de ses conseils. Il en est de même pour ceux de la « Finance Credit International Business (FCIB), de la « National Association Credit Manager » (NACM), de la Credit Institute of Canada (CIC) et surtout de « l’Association des Directeurs de Crédit, Québec » (l’ADC).

Mais diantre ! d’où vient-elle ? Suivez mon regard, en pensant surtout aux discours de l’unique président le plus crétin, aux cheveux en lance-flamme, qui avait pris d’assaut la Maison Blanche, suite à un malencontreux accident de l’histoire.

En suivant le CV de Mme Féquière, la première chose qui nous saute aux yeux, c’est sa polyvalence sur tous les marchés financiers du monde. Voir son nom figurer partout, on devine aisément qu’elle est polyglotte, pour occuper tous ces postes de directions ou prononcer conférence après conférence.

À la première lecture de ce brillant parchemin, nous pouvons ajouter que Madeleine n’a nullement traîné la patte à l’étranger. En laissant Haïti après le collégial, elle a su meubler son cursus universitaire, avec maints diplômes à la clé. En voulez-vous, en voilà ! On y retrouve un en Finance de « HEC - Université de Montréal » ; un « Baccalauréat en traduction spécialisée de l’Université Concordia » ; un « MBA court de « McGill Executive Institute ». Il y a celui du « Directors Education Program de Rotman School of Management » de l’université de Toronto, puis une « Licence de L’Institut des Administrations de Sociétés » (I.C.D.D. ; I.A.S.A). C’était une sorte de sacerdoce. Il est clair qu’elle adorait les études pointues.

Dans le dossier si dense de Madeleine, ma curiosité fut attisée par une pensée de paresseux, à savoir où, ce p’tit bout de femme a-t-elle pu puiser son énergie pour embrasser cette carrière si riche en évènements heureux : multiples diplômes, maintes conférences financières, divers conseils d’Administration, gestion de plusieurs entreprises qu’elle a guidées avec succès ? Voilà simplement deux exemples, parmi une vingtaine, pour votre édification : « Aucune perte enregistrée sur des actifs de 15M$ de dollars pendant la crise financière en Argentine, au Venezuela et en République Dominicaine (2002-2004) ; faire preuve d’ingéniosité dans la faillite de K-Mart – Économie : 5M$ (2003).

Dans ce résumé, je ne peux passer sous silence tous les conseils d’administration des grandes entreprises qui ont retenu ses services et qui ont bénéficié de la présence de notre prolifique Madeleine. De 2007 à 2020, j’en ai dénombré près de 25. En 2021, outre son leadership et ses fonctions professionnelles, elle a trouvé le temps et l’énergie pour s’investir dans des causes humanitaires et culturelles. Elle siège présentement à titre de membre indépendant aux « Conseils d’administration de l’Université de Montréal », « d’Investissement Québec » et du « Centre Canadien pour la Mission de l’Entreprise ».

Combien de PDG ont sablé le champagne après avoir réussi à obtenir le « oui » de notre congénère ? C’est une image rassurante pour les investisseurs au niveau international. Une marque indicielle à inscrire sur le CA de toutes entreprises d’envergure qui se destinent à jouer dans la cour des grands.

Malgré son emploi du temps exigu, Madeleine a eu l’heureuse idée d’offrir ses conseils aux plus mal pris de son pays natal, en s’impliquant dans des initiatives de développement communautaire, telles que FONKOZE et KANPE. Ce dernier est une fondation qui accompagne les familles haïtiennes les plus vulnérables vers l’autonomie financière, dont elle a participé au lancement avec sa bonne amie, l’ex-ministre Dominique Anglade, actuellement cheffe de l’opposition officielle au Parlement de Québec et Régine Chassagne, d’origine haïtienne, chanteuse et multi-instrumentiste du célèbre groupe musical Arcade Fire, au Canada.

Voilà ! Nous avons toutes les raisons d’être fiers. Dans la ligue majeure de la finance, notre géniale compatriote représente un nom magique, une image de marque dans un cadre de bronze. Son étoile est encore vive. À notre progéniture de chausser ses bottes !

Contrairement à l’image négative que pourrait susciter l’évocation de notre pays, Haïti, en raison de nos turpitudes, les gestionnaires des grandes entreprises de l’Amérique, du sud au nord, savent bien que nos congénères ont du génie, et ce dans tous les domaines, même s’ils viennent d’un pays très pauvre.

Par conséquent, n’hésitez point à présenter votre CV avec assurance et fierté. Madeleine Féquière a laissé, sur son chemin, des paillettes d’or. Il revient aux suivants d’en conserver leur éclat.

Félicitations, chère Madeleine !

[1« Chasseur de têtes ». C’est un recruteur à la recherche des meilleurs employés pour les entreprises. Plus sa prise est excellente, plus son pourcentage de rémunération est élevé. Toujours à l’affût, il est à la recherche de la perle rare. Tu as fait ta preuve dans ton entreprise, attends-toi à plusieurs coups de fil qui t’invitent à changer de boîtes. Les offres vont pleuvoir et les chiffres en $, sur la table, vont te donner le vertige.

[2La simplicité est le marqueur identitaire de la famille Féquière que je connais fort bien. Le frère, de Madeleine, l’ingénieur Yves Féquière, condisciple et ami de mon frère Lionel, ses soeurs, Marie (Jean Vil) et Venise (Comeau), que je rencontre à l’occasion dans les évènements mondains…