Développement durable

Haïti : Beaumont a soif


mercredi 15 juin 2005

Port-au-Prince, 15 juin 2005, [AlterPresse] --- A Beaumont, dans le département de la Grand’Anse (sud-ouest d’Haïti), l’accès à l’eau, particulièrement à l’eau potable est un luxe. Les quelques rares tuyaux disséminés partout dans la ville sont insuffisants pour combler les besoins en eau de près de 20.000 habitants.

Mais les autorités concernées ferment les yeux sur ce problème crucial, selon les explications de certains riverains à AlterPresse.

Les résidents de Beaumont parcourent plusieurs kilomètres à pieds à la recherche de l’eau douce puisée le plus souvent dans des sources non entretenues comme celles de Digoterie, de Fonds Tranquille, de Cassanette, etc. Les usagers ne traitent pas ces eaux puisées dans des conditions sanitaires précaires.

« Les résidents du centre-ville sont les plus nombreux à utiliser ces eaux. Ils ne prennent pas le temps d’évaluer l’état des sources, le niveau de pollution de ces eaux par des animaux, tels bœufs, cabris, porcs », affirme Daniel.

Ce jeune de 19 ans ne met pas de sourdine à sa critique contre la gente politique qui n’endosse aucune responsabilité vis-à -vis de Beaumont, même s’ils multiplient les promesses lors des périodes de campagnes électorales. « Ils nous promettent l’électricité, l’eau potable, des routes, des écoles professionnelles et des cantines scolaires, mais arrivés au timon des affaires, ils oublient leurs promesses », critique ce jeune de 19 ans.

A l’instar du Saut Maritime à Camp-Perrin (Sud d’Haïti), les autorités pourraient exploiter le Saut de Digoterie pour alimenter la région de Beaumont en électricité et ainsi installer de nouvelles adductions d’eau potable, estime Ti Moise, un paysan de la région.
« Le captage de ces eaux pourrait faciliter l’installation de l’électricité dans la zone et résoudre les problèmes en eau de la population », a affirmé Ti Moïse. L’eau est à la fois précieuse et indispensable à la vie. Dans ce cas, il nous faut de l’eau, a-t-il poursuivi.

75% de la surface de la terre sont recouverts d’eau, dont la majeure partie salée (97,5%). Seulement un pour cent (1%) de cette eau est disponible. En Haiti, le commerce de l’eau n’a pas cessé de s’accroître durant les 25 dernières années.

Le 22 mars dernier, la Journée mondiale de l’eau a été célébrée autour du thème « l’eau, source de vie ». Les Nations Unies avaient profité de l’occasion pour lancer un programme s’étendant sur 10 ans. « Le but est d’atteindre d’ici à 2015 les objectifs convenus à l’échelon international dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, et de poser les bases de nouveaux progrès dans les années qui suivront », a déclaré Kofi Annan dans son message de circonstance.

« Des millions de personnes, partout dans le monde, manquent d’eau. Des millions d’enfants meurent chaque année de maladies d’origine hydrique », a-t-il déploré.

Selon le Secrétaire général de l’Onu, certains des pays les plus pauvres de la planète souffrent régulièrement de la sécheresse.

Le problème de l’eau est un problème urgent de développement humain. En Haïti, avoir accès à l’eau potable reste un défi pour la population en général et pour les couches défavorisées en particulier.

Le paradoxe en Haiti c’est que durant les saisons de pluies, légions sont les régions exposées aux inondations, dues en partie à l’érosion des sols. [do gp apr 15/06/2005 15:40]