Haïti : Non au soutien du gouvernement canadien à la dictature en Haïti

Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (Rehmonco)

Soumis à AlterPresse le 7 février 2021

Le Rehmonco dénonce et condamne avec vigueur le soutien inconditionnel des pays dits amis d’Haïti, notamment le Canada, à l’établissement d’une dictature en Haïti.

Ce 7 février 2021 constitue formellement la fin du mandat constitutionnel du gouvernement de Jovenel Moise. Différentes organisations nationales, tant de la société civile que des partis politiques, ont exprimé clairement et sans ambages cet état de fait. Mais Jovenel Moise refuse de se soumettre aux prescrits de la Constitution de 1987 amendée et aux dispositions de la loi électorale. Il choisit, de préférence, la voie de la dictature, en transformant le pays en une véritable poudrière.

S’appuyant sur le soutien aveugle de l’international, il entend instituer la dictature, consolidant ainsi le pouvoir du régime du Parti haïtien tèt kale (Phtk). À travers l’Unité de sécurité générale du palais national (Usgpn), une campagne de terreur est lancée, tôt le matin du 7 février 2021, avec, notamment, l’arrestation arbitraire et illégale du juge de la Cour de Cassation Yvickel Dabrezil. Au même moment, près d’une vingtaine de personnes sont enlevées dans le village de Petit Bois, près de l’ambassade américaine, par des hommes lourdement armés sous le commandement de Dimitri Hérard (chef de la sécurité du palais national).

De surcroit, comme cela arrive généralement dans la mise en œuvre des pouvoirs dictatoriaux, une purge est en cours au sein de l’institution policière : Marie Louise Gauthier, inspectrice générale au sein de la Police nationale d’Haïti (Pnh), est arrêtée arbitrairement, pendant que les gangs armés à la solde du pouvoir sèment le chaos dans les principaux centres urbains du pays. L’objectif, visé par le pouvoir et ses sbires, est de créer un climat de terreur, afin d’étouffer dans l’œuf tout mouvement de protestations et de dénonciation de l’ordre dictatorial.

Dans ce contexte difficile, marqué par le spectre d’une répression sauvage et le retour du duvaliérisme, nous appelons les secteurs communautaires, les organisations progressistes et populaires canadiennes et québécoises, à dénoncer la politique du gouvernement Trudeau en Haïti. Après avoir soutenu à bout de bras l’autocrate Jovenel Moïse, qui a perpétré de nombreux massacres dans les bidonvilles, criminalisé à coup de décrets tout mouvement de protestation, le gouvernement canadien continue, malgré de nombreuses protestations, à appuyer ce régime criminel. Sans cet appui et celui de la « communauté internationale », le pouvoir de Jovenel Moïse tombera comme un château de cartes.

Le Rehmonco renouvelle son soutien au peuple haïtien, qui résiste courageusement aux assauts de cette dictature. Après avoir été durement éprouvé par les actes de kidnapping, des gangs armés et par la répression de la police politique de Jovenel Moïse, il fait face aujourd’hui à la consolidation d’une dictature, qui montre déjà les signes d’une férocité, rappelant l’ère des militaires putschistes et des Duvalier.

Non à la dictature en Haïti !

Vive la lutte du peuple haïtien !

Pour authentification,

Renel Exentus,

Ricardo Gustave

Montréal, le 7 février 2021