Perspectives

Élections : Jovenel Moïse demande à la Police nationale de créer un climat stable et sécuritaire en Haïti


vendredi 8 janvier 2021

P-au-P, 08 janv. 2021 [AlterPresse] --- Le président Jovenel Moïse indique avoir instruit le haut état-major de la Police nationale d’Haïti (Phn) de mobiliser toutes ses ressources, en vue d’instaurer un climat stable et sécuritaire dans le pays, dans des tweets consultés par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette demande de Jovenel Moïse s’inscrit dans la perspective de la réalisation de son référendum inconstitutionnel et des élections générales irrégulières, que son équipe et ses alliés tèt kale voudraient organiser durant l’année 2021, malgré l’opposition de différents secteurs vitaux en Haïti.

La machine électorale est en branle avec la présentation, par l’institution électorale, du calendrier électoral, se réjouit Jovenel Moïse, qui déclare sa détermination à organiser « des élections libres, honnêtes et démocratiques ».

L’opinion publique se demande comment pourrait-il y avoir « d’élections libres, honnêtes et démocratiques », sous Jovenel Moïse, qui a prétendu mettre au défi les partis politiques de remporter les scrutins à venir sur son Parti haïtien tèt kale (Phtk).

Une telle prétention laisse supposer des mises en place préalables pour barrer la route aux candidates et candidates, notamment à travers les cartes d’identification fabriquées par la firme allemande Dermalog, dont le contrat n’a pas été validé, à deux reprises, par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca) ?

De nombreuses voix ont aussi dénoncé le contrat, non validé par la Cscca, mais conclu irrégulièrement avec Dermalog, contre lequel contrat des actions trainent en justice depuis juin 2020.

Pour sa part, l’opposition politique a toujours affirmé son refus de prendre part à des joutes avec, au pouvoir, Jovenel Moïse, qui a pris un ensemble de dispositions anticonstitutionnelles autoritaires et despotiques (plus d’’une quarantaine de décrets anticonstitutionnels), depuis janvier 2020.

A travers sa firme dénommée « Agritrans », bénéficiaire d’une partie de fonds PetroCaribe, pour des travaux publics dans le Nord d’Haïti, Jovenel Moïse a été soupçonné d’avoir utilisé « des stratagèmes de détournement de fonds publics », dans des rapports de la Cour des comptes et du contentieux administratif (Cscca).

« 2021 est incontestablement une année électorale. Pour faire face à cet enjeu crucial pour l’avenir d’Haïti, je demande à l’Office national d’identification (Oni) de prendre toutes les mesures pour permettre aux citoyennes et citoyens de se doter de la carte d’identification nationale », souhaite, pourtant, Jovenel Moïse.

Suite à la présentation du calendrier électoral par le Conseil électoral provisoire (Cep) contesté, Jovenel Moïse affirme avoir aussi passé des instructions au Ministère de l’économie et des finances (Mef), en vue d’analyser, au plus vite, les différents leviers, qui devraient permettre de donner suite célère aux requêtes du Cep, liées à l’organisation de son référendum et des élections.

Le Cep a rendu public, le jeudi 7 janvier 2021, son projet de calendrier, pour un référendum constitutionnel jugé illégal ainsi qu’un scrutin présidentiel et législatif en Haïti.

Malgré un contexte d’incertitudes, marqué par une violence de gangs armés sur le territoire national, l’institution électorale voudrait tenir son référendum à la date du 25 avril 2021.

Le premier tour de la présidentielle et des élections législatives devrait avoir lieu le 19 septembre 2021.

L’Organisation des États américains (Oea) a renouvelé son support technique au processus électoral, non accepte par la plupart des partis politiques en Haïti, afin de renouveler le personnel politique, a fait savoir le titulaire du Ministère haïtien des affaires étrangères et des cultes (Maec), Claude Joseph, dans un tweet, consulté par AlterPresse.

Le mardi 5 janvier 2021, Jovenel Moïse a publié un autre décret jugé illégal, dans le journal officiel « Le Moniteur », sur les dispositions générales relatives à un référendum constitutionnel, rejeté par beaucoup de secteurs.

Du coup, le mandat du comité dit consultatif, pour l’élaboration de son projet de nouvelle Constitution, a été prolongé de deux mois.

Pendant que le président Jovenel Moïse fixe la date de son départ au 7 février 2022, les discussions se poursuivent entre différents secteurs de l’opposition, en vue de parvenir à une entente politique, sur la façon de remplacer Jovenel Moïse au pouvoir, au lendemain du 7 février 2021, date constitutionnelle de la fin de son mandat de président.

L’opposition politique souhaite une « contribution sans faille » du bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), et l’Organisation des États américains (Oea) dans la marche vers la transition en Haïti.

« Le 7 février 2021 sonnera le glas de ce régime tyrannique, sanguinaire. A partir de cette date, débutera en Haïti une ère nouvelle », espère l’opposition politique. [emb rc apr 08/01/2021 12:40]