Perspectives

Haïti-Violences : Port-au-Prince sous tension, le 20 novembre 2020, avec un mouvement armé du groupe « Fantom 509 », apparenté à des policiers nationaux


vendredi 20 novembre 2020

P-au-P, 20 nov. 2020 [AlterPresse] --- « J’ai cru que mon cœur allait s’arrêter de battre. C’est la première fois que j’ai vécu une situation pareille. J’ai vu des gens encagoulés, revêtus de l’uniforme de la police, tirant en l’air à tout bout de champ », témoigne, à AlterPresse, une femme d’une trentaine d’années.

Choquée, essoufflée, cette dame, qui portait un cache-nez, raconte comment elle a eu des vraiment des sueurs froides, ce vendredi 20 novembre 2020, vers 11:30 am (16:30), à l’avenue John Brown (communément appelée « Lalue »), face à cette action spectaculaire de gens armés encagoulés et ayant l’uniforme de la police nationale.

Les habitantes et habitants de Port-au-Prince, Delmas et Pétionville, qui vaquaient à différentes occupations, ont été surpris par ce mouvement éclair de gens armés, revendiquant appartenir au groupe dénommé Fantom 509.

Plusieurs parents ont vite accouru, pour aller récupérer leur enfants à l’école.

Chacune et chacun s’empressaient de se mettre à couvert, de regagner rapidement leurs domiciles, face à ce mouvement armé imprévu dans les rues de la capitale.
La circulation est devenue fluide sur plusieurs artères, avec les va-et-vient de motocyclettes, dont les chauffeurs couraient à vive allure, en vue de s’abriter et d’éviter d’être des victimes collatérales de l’événement en cours.

Des tirs nourris d’armes à feu étaient répercutés, vers la fin de la matinée de ce vendredi 20 novembre 2020, en différents endroits, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Comme bilan partiel, environ une dizaine de véhicules, dont 7 immatriculés « Service de l’État » et 1 camion transportant des marchandises, ont été incendiés dans le cadre de ce mouvement armé, ce vendredi 20 novembre 2020, du groupe dénommé Fantom 509, dont les membres, à bord de plusieurs dizaines de motocyclettes ont arpenté les communes de Port-au-Prince, de Delmas (au nord-est de la capitale) et de Pétionville (à l’est).

Parallèlement, les protestataires de Fantom 509 ont place des véhicules au milieu de différentes artères, tout en intimant l’ordre aux chauffeurs de véhicules privés d’abandonner, immédiatement, la voie publique.

C’était la panique, mêlée d’une forte tension chez la plupart des personnes qui, se trouvaient, malheureusement, sur le chemin des protestataires armés.

Un montant de 25 mille gourdes (actuellement de 10 mille gourdes) sur chaque carte de débit, donnée à chaque policière/policier, et un niveau de traitement mensuel de 50,000.00 gourdes (aujourd’hui d’une moyenne mensuelle de 15 à 20 mille gourdes) pour chaque policière / policier national : telles seraient les revendications du groupe armé Fantom 509.

Les protestataires armés du vendredi 20 novembre 2020 à Port-au-Prince ont dénoncé les mauvaises de conditions de travail des policières et policiers, sur le territoire national.

Parce qu’il aurait affirmé son intention de satisfaire les revendications salariales des policières et policiers nationaux, Rameau Normil (27 août 2019 - 16 novembre 2020) a été mis à pied par l’équipe tèt kale au pouvoir, pour le remplacer par Léon Charles, qui n’aurait pas bien accompli sa mission de directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), du 29 février 2004 au 22 juillet 2005, estiment-ils.

Vers 1:30 pm locale (18:30 gmt), les protestataires armés de Fantom 509 ont mis fin à leur mouvement armé, pour rejoindre leur quartier général, situé à un lieu jusque-là inconnu. [rf jep rc apr 20/11/2020 13:30]