Perspectives

Haïti-Droits humains : Un mémorial à Port-au-Prince, pour les dizaines de victimes du massacre du 13 novembre 2018 à La Saline

« Ce qui se passe aujourd’hui (en 2020) en Haïti, ce n’est pas de l’insécurité, mais de la criminalité organisée »
vendredi 13 novembre 2020

P-au-P, 13 nov. 2020 [AlterPresse] --- À l’initiative du regroupement de citoyennes et de citoyens Nou p ap dòmi, un mémorial a été installé, ce vendredi 13 novembre 2020, devant les locaux de l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) à Bourdon (Port-au-Prince), pour les dizaines de victimes du massacre, perpétré, le 13 novembre 2018, à La Saline (non loin du bord de mer de Port-au-Prince), par des gangs armés, soutenus par des officiels, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Sur le mur, des photos de plusieurs personnes tuées. Accrochée au mur et au milieu d’elles, une grande chaise noire en paille, sur laquelle se trouve une cruche. En dessous de la chaise, des graffitis de croix en noir et en mauve.

À même le sol, des cierges, des bouquets de fleurs, des petites chaises en paille, en noir, qui portent des cruches.

Un poteau électrique, peint en noir à la base, porte des noms de plusieurs victimes en blanc.

L’espace du mémorial a été aménagé avec de la sciure de bois.

Sur un rocher, est inscrit « RIP » (Rest in peace en Anglais, autrement dit « Reposez en paix »), pour souhaiter à ces dizaines de victimes, dont leurs vies ont été violemment arrachées, un repos éternel, dans la paix.

« Notre vie compte, nous avons le droit de vivre », « Allons-nous faire ‘’le suivant’’, ou allons-nous nous révolter », pouvait-on lire sur des pancartes, accrochées au mur.

Par cette initiative de mémorial, Nou p ap dòmi dénonce le massacre, perpétré à La Saline, dans la nuit du 13 au 14 novembre 2018, qui a coûté la vie à plus de 100 personnes.

Le regroupement de citoyennes et de citoyens Nou p ap dòmi s’élève également contre la recrudescence des actes de criminalité, à travers le territoire national, dont ont été victimes le bâtonnier de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval, le vendredi 28 août 2020, à Pèlerin 5, dans la même zone où habite le président Jovenel Moïse, l’étudiant Grégory Saint-Hilaire, le vendredi 2 octobre 2020, tué d’une balle au dos, tirée par un agent de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), à l’École normale supérieure (Ens) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), la lycéenne Évelyne Sincère, le dimanche 1er novembre 2020, sur une décharge, à Delmas 24, le Pasteur Jean François Louis et sa femme enceinte Luciane Exinor, le dimanche 8 novembre 2020, en leur résidence, à Montrouis (département de l’Artibonite), entre autres, ainsi que le phénomène du kidnapping, qui gagne du terrain, ces derniers mois, en Haïti.

« Nous sommes venus devant les locaux de l’Opc, qui est responsable de la protection des citoyennes et citoyennes. Aujourd’hui, aucune citoyenne / aucun citoyen en Haïti ne se sent en sécurité. Quand ce n’est pas la police qui nous attaque avec des gaz lacrymogènes, des bandits sont à nos trousses », relève Vélina Charlier de Nou p ap dòmi.

« Ce qui se passe aujourd’hui (en 2020) en Haïti, ce n’est pas de l’insécurité, mais de la criminalité organisée », fustige Nou p ap dòmi qui demande à l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen, et aux autres organes de l’État d’endosser convenablement leurs responsabilités. [mj rc apr 13/11/2020 16:24]