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Haïti : Non à l’insécurité qui aggrave les violences envers les femmes !


dimanche 8 novembre 2020

Soumis à AlterPresse le 8 novembre 2020

9 organisations féministes et 1 féministe indépendante s’élèvent contre l’assassinat de l’écolière Évelyne Sincère, le 1er novembre 2020, à Delmas 24

Les organisations féministes expriment leur profonde révulsion face au traitement inhumain, infligé à Évelyne Sincère, une lycéenne de 22 ans, assassinée le 1er novembre 2020. Après avoir été kidnappée, torturée et violée, son cadavre dénudé a été jeté sur un tas d’immondices, à Delmas 24, à Port-au-Prince. Les féministes s’inclinent devant la victime et présentent leurs sincères condoléances à sa famille, ses amies, ses amis et ses camarades de classe.

L’assassinat d’Évelyne Sincère n’est malheureusement pas un cas isolé.

Il s’agit de la énième jeune femme, dont la vie a été brutalement ôtée. La énième victime des crimes crapuleux, de plus en plus courants dans le pays. Suite aux massacres, perpétrés, en 2019, dans des quartiers populaires de Port-au-Prince, il était donné à voir le désolant spectacle des corps sans vie, livrés en pâture aux animaux.

Ces images insupportables entendent déshumaniser, distiller la peur, instaurer la terreur, brider la liberté de circulation des citoyennes et citoyens. En associant les cadavres aux immondices et aux animaux, les violateurs veulent signifier le peu d’importance accordée à la vie et à la dignité des populations, en particulier celles des femmes et des personnes issues des milieux défavorisés.

Le non-respect des droits humains, l’impunité et l’irresponsabilité des autorités étatiques alimentent l’insécurité meurtrière.

Toutes les fois que la situation sécuritaire se dégrade, les filles et les femmes paient un lourd tribut, soit directement dans leurs corps avec les sévices corporels et psychologiques, les viols, soit à travers les souffrances infligées à leurs proches.

L’aggravation actuelle de l’insécurité conduit à mettre hors-jeu les citoyennes et citoyens, et donc à laisser le champ libre au pouvoir en place pour imposer arbitrairement un changement de Constitution et des élections sur mesure.

Les féministes disent NON à la déshumanisation de la société. NON à l’irresponsabilité de l’État, qui ignore son devoir de protection des populations.

Les féministes exigent :

1. L’arrestation et le jugement des kidnappeurs et assassins d’Evelyne Sincère ;

2. L’adoption de mesures efficaces, pour combattre l’insécurité, démanteler les gangs armés, contrôler la circulation des armes à feu ;

3. La mise en œuvre effective du Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes, pour prévenir les violences et offrir davantage de services aux victimes.

Les autorités ont l’obligation d’agir, de façon énergique et avec célérité, contre les exactions perpétrées quotidiennement envers les populations, en particulier les filles et les femmes.

Les violences envers les femmes sont l’affaire de tous et de toutes !

5 novembre 2020.

Pour authentification,

Yolette Andrée JEANTY, Kay Fanm

Signataires :

1. Kay Fanm

2. Solidarite fanm ayisyèn [Sofa)

3. Fanm Deside

4. Rezo fanm nan radyo kominotè ayisyen yo (Refraka)

5. Asosyasyon fanm solèy d Ayiti (Afasda)

6. Fondation Toya

7. Fanm Yo La

8. Nègès Mawon

9. Konbit Fanm Saj

10. Sabine Manigat, féministe indépendante