Agriculture : Plusieurs organisations alertent sur une tentative d’accaparement des terres paysannes en Haïti, par des potentats au pouvoir, au profit de compagnies transnationales

P-au-P, 04 nov. 2020 [AlterPresse] --- Des organisations sociales et paysannes dénoncent « un complot » du régime politique tèt kale au pouvoir, visant à s’accaparer les terres paysannes dans plusieurs départements géographiques en Haïti, au profit de compagnies transnationales.

« Ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’avenir économique du pays », alerte l’économiste Camille Chalmers, directeur exécutif de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), lors d’une conférence de presse, le mercredi 4 novembre 2020, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

La Papda dénonce une politique d’agression, par la force et la violence, contre les paysannes et paysans, dans plusieurs départements, particulièrement le Nord et le Nord-Est d’Haïti.

« L’objectif de cette politique anti-paysans est de transférer les terres à des compagnies transnationales, pour continuer à piller le pays ». Ce qui constitue une menace pour la vie des paysannes et paysans, et l’économie du pays.

La Papda souligne combien cette situation serait la cause de l’augmentation de l’insécurité alimentaire et de la migration vers des bidonvilles, à Port-au-Prince.

Des autorités étatiques à tous les niveaux se servent de faux papiers, obtenus de la part de ministres et de juges de paix, pour déposséder les paysans de leurs terres.

Ces terres, qui sont entre les mains des paysannes et paysans, depuis plusieurs décennies, font partie d’héritage de leurs grands-parents depuis une centaine d’années, argue Origène Louis de l’organisation Tèt kole ti peyizan ayisyen.

Plusieurs paysannes et paysans ont été victimes d’actes de violences. Les uns en sont sortis blessés ou morts. Les maisons de certains ont été détruites et incendiées. D’autres ont perdu tous ce qu’ils possédaient.

Cette situation a poussé plusieurs paysannes et paysans à abandonner leurs maisons.

Roosevelt Jean Félix de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh) demande au pouvoir en place de cesser cette opération de vols de terres paysannes.

Tout en réclamant justice pour les victimes, ces organisations appellent à l’appui d’autres organisations sociales et paysannes, en vue de supporter les paysans ciblés.

La justice doit retirer les mandats émis contre une vingtaine de paysans à Prévoyance (Nord-Est), exigent-elles.

5 mandats ont été aussi émis contre des paysans à Casimir (Nord-Est), qui résistaient contre le vol des terres.

L’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) devraiit également mener rapidement une enquête, dans les localités où les paysans ont été victimes, afin d’éviter un autre massacre, comme celui du 23 juillet 1987 à Jean Rabel, souhaitent la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif, Tèt kole ti peyizan ayisyen et la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains. [mj emb rc apr 04/11/2020 15:25]