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Haïti-Insécurité : Poursuite du mouvement citoyen de blocage des rues, à l’aide de véhicules, à Port-au-Prince et Delmas

P-au-P, 04 nov. 2020 [AlterPresse] --- Des citoyennes et citoyens ont encore installé, le mercredi 4 novembre 2020, des véhicules en travers de la route, à Port-au-Prince et à Delmas (municipalité au nord-est de la capitale), en signe de protestation contre l’insécurité dans le pays, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Sont affichées, sur certains véhicules, des photos de plusieurs victimes, dans la vague de criminalité sur le territoire national, dont l’ex bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval, l’étudiant Grégory Saint-Hilaire et l’écolière Évelyne Sincère.

Cette situation a créé un blocage partiel de la circulation automobile, notamment au centre-ville de Port-au-Prince, dans la zone dénommée Kafou Ti fou, et au niveau de Delmas 49, Delmas 51 et Delmas 53.

Alors que les policiers nationaux se sont montrés compréhensifs à Delmas, leurs collègues ont plutôt réagi brutalement à Port-au-Prince, en enlevant les plaques des véhicules, mis en travers de plusieurs rues, en signe de protestation contre la criminalité et la détérioration des conditions de vie en Haïti, avec un mode de gestion gouvernementale catastrophique.

Cette action de blocage des rues, avec des véhicules, viserait à inciter la population à se révolter contre la montée des actes de criminalité, dont de kidnapping en Haïti, explique Me. Iswick Théophin, avocat du Barreau de Port-au-Prince et membre du mouvement Nou se Dorval.

L’État haïtien constitue le principal responsable du phénomène de l’insécurité, parce qu’il se fait complice des gangs armés dans le pays, blâme-il, appelant la population à se soulever également contre le régime tèt kale au pouvoir.

D’autres protestataires en ont profité pour gagner les rues de Port-au-Prince, ce mercredi 4 novembre 2020, en direction des locaux du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), à l’avenue Charles Sumner (Port-au-Prince), pour forcer les autorités judiciaires à mettre un frein au climat d’insécurité en Haïti.

Des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) ont lancé des gaz lacrymogènes à profusion, pour disperser la foule de protestataires, au niveau du périmètre du Mjsp.

Le mardi 3 novembre 2020, des citoyennes et citoyens avaient initié le mouvement de blocage des rues, au niveau de Delmas, pour protester contre l’enlèvement, la séquestration, suivis de l’assassinat, le 1er novembre 2020, de la jeune écolière Évelyne Sincère. [emb rc apr 04/11/2020 11:55]