Droits humains : Le Rnddh alerte sur les mauvaises conditions de détention en Haïti

P-au-P, 28 oct. 2020 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) déplore les mauvaises conditions de détention en Haïti, dans un rapport en date du 27 octobre 2020, intitulé « Préparation à la réinsertion sociale des détenues et détenus : Diagnostic et recommandations » et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces conditions générales de détention, jugées préoccupantes, « ne respectent en rien les droits fondamentaux ou la dignité des personnes incarcérées », constate le Rnddh, suite à des activités de monitoring.

79.14 % des détenus (a population carcérale) sont en attente de jugement, tandis que 20.86 % sont condamnés.

Le taux le plus élevé de personnes, en situation de détention préventive illégale et arbitraire, soit 38.75 %, se trouve dans la juridiction de Port-au-Prince.

« Parmi les hommes incarcérés, 82.37 % sont en attente de jugement contre 17.63 % condamnés. Or, 89.15 % des femmes incarcérées sont en attente de jugement contre seulement 10.85 % condamnées », relève le Rnddh, soulignant combien le fait d’être une femme constitue un facteur clé augmentant le temps de détention préventive illégale et arbitraire.

De janvier à octobre 2020, au moins 101 détenus, tous de sexe masculin, ont perdu la vie en prison, soit en moyenne 10 détenus par mois.

L’étude du Rnddh, réalisée au cours du mois d’octobre 2020, a aussi révélé une absence, en milieu carcéral, d’activités favorisant la réinsertion sociale des anciens détenus, après leur libération.

Il existe des programmes de formation en faveur des détenus, dans seulement 5 prisons du pays, dont 4 dans le département de l’Ouest et l’autre dans le département du Nord-Est. Ces programmes viseraient à les préparer pour un retour dans la société.

Programmes non personnalisés, en raison du taux surélevé de prisonnières et de prisonniers en situation de détention préventive, insuffisance et/ou absence de travailleuses et travailleurs sociaux en milieu carcéral ainsi que manque d’activités récréatives, en faveur des prisonnières et prisonniers, sont parmi les manquements cités dans le rapport du Réseau national de défense de droits humains.

L’organisme de défense des droits humains recommande aux autorités étatiques concernées de mettre en place, dans toutes les prisons du pays, un programme continu de réinsertion sociale des détenus.

Le Réseau national de défense de droits humains appelle aussi à renforcer les programmes, déjà existants, de formation vocationnelle, en fournissant aux responsables de prisons les ressources humaines et matérielles nécessaires à l’apprentissage des détenus. [emb rc apr 28/10/2020 15:55]