Crise : 82 organisations nationales et internationales dénoncent le silence et la complicité de la communauté internationale vis-à-vis d’Haïti

P-au-P, 19 oct. 2020 [AlterPresse] --- 82 organisations nationales et internationales, issues de divers secteurs [1], appellent à mettre fin au silence et à la complicité internationale vis-à-vis d’Haïti, dans un document, rendu public, le lundi 19 octobre 2020, sur le site La Libre Belgique (Libre.be), et consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Ces 82 organisations nationales et internationales soulignent une aggravation de la situation en Haïti, caractérisée par l’appauvrissement, la corruption, la terreur et l’impunité.

Le changement doit commencer en Haïti, en mettant fin à l’impunité, estiment ces organisations haïtiennes, françaises, belges, canadiennes, espagnoles, allemandes et béninoises, parmi lesquelles figurent des syndicats, des Organisations non gouvernementales (Ong), des associations ainsi que des mouvements paysans, féministes et citoyens.

Elles exigent de la communauté internationale, en particulier du Core Group, de mener une diplomatie, basée sur la souveraineté des Haïtiennes et Haïtiens, leurs revendications et le refus d’apporter un soutien économique, politique et moral à une réforme constitutionnelle et à des élections, entre autres.

Cette diplomatie doit aussi se démarquer et s’opposer à toute ingérence, dont celle constante des États-Unis d’Amérique, souhaitent-elles.

Elles appellent aussi la communauté internationale à prendre en compte les revendications des Haïtiennes et Haïtiens de mettre fin à l’impunité et d’assurer une transition.

Il convient également d’appuyer et d’accompagner leur travail « pour un jugement juste et équitable des responsables des massacres et de la dilapidation des fonds PetroCaribe » de l’aide vénézuélienne à Haïti.

Ces organisations nationales et internationales fustigent le comportement du gouvernement des États-Unis, qui soutient le président Jovenel Moïse, et la subordination des autres pays et des instances internationales, dont l’Union européenne (Ue), devenus les complices directs et indirects du régime politique au pouvoir en Haïti.

Les États-Unis pressent Haïti de former un nouveau Conseil électoral provisoire et mettent en garde tous les acteurs, qui s’y opposeraient, selon des tweets de l’ambassade américaine à Port-au-Prince, consultés par AlterPresse.

« Haïti doit faire son travail et former un nouveau @cep_haiti avec des membres, ayant une réputation d’intégrité, d’honnêteté et de compétence pour organiser un processus électoral libre et juste. Il y a des conséquences, pour ceux qui y font obstacle », avait menacé un des tweets, relayant les propos d’un officiel du département d’État non identifié.

Plusieurs secteurs, notamment de l’opposition politique, exigent la démission du président Jovenel Moïse, bien avant le 7 février 2021 (date de la fin de son mandat) pour la mise en place d’une transition politique dans le pays, où règne une criminalité généralisée, alimentée surtout par des chefs de gangs. [emb rc apr 19/10/2020 12:20]